« Pardon », le dernier mot de Sr Leonella : « victoire de l'amour sur la haine »

Benoît XVI salue la mémoire de la religieuse tuée en Somalie

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ROME, Mardi 26 septembre 2006 (ZENIT.org) – Benoît XVI a salué la mémoire de la religieuse de la « Consolata » tuée en Somalie, Sœur Leonella Sgorbati, lors de l’angélus de dimanche (cf. Zenit 25 septembre), à Castel Gandolfo, soulignant que son dernier mot avant de mourir a été « Pardon ». Le pape y voit le « témoignage chrétien le plus authentique », un « signe pacifique de contradiction qui démontre la victoire de l'amour sur la haine et sur le mal ».



Le pape commentait tout d’abord l’évangile de ce dimanche en disant : « Dans l'Evangile de ce Dimanche, Jésus annonce pour la seconde fois aux disciples sa passion, sa mort et sa résurrection (cf. Mc 9, 30-31). L'évangéliste Marc souligne le fort contraste entre sa mentalité et celle des douze Apôtres, qui non seulement ne comprennent pas les paroles du Maître et refusent nettement l'idée qu'Il aille au-devant de la mort (cf. Mc 8, 32), mais discutent entre eux pour savoir qui doit être considéré comme « le plus grand » (cf. Mc 9, 34). Jésus leur explique avec patience sa logique, la logique de l'amour qui devient service jusqu'au don de soi: « Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9, 35) ».

Le pape faisait observer que « telle est la logique du christianisme, qui répond à la vérité de l'homme créé à l'image de Dieu, mais dans le même temps est en contraste avec son égoïsme, conséquence du péché originel ».

« Chaque personne humaine est attirée par l'amour — qui, en définitive est Dieu lui-même —, faisait observer le pape, elle mais se trompe souvent dans les façons concrètes d'aimer, et ainsi, d'une tendance à l'origine positive, mais entachée par le péché, peuvent découler des intentions et des actions mauvaises ».

Le pape citait également les paroles de l’apôtre Jacques rapportées par la liturgie : « Là où il y a jalousie et chicane, il y a désordre et toutes sortes de mauvaises actions. Tandis que la sagesse qui vient d'en haut est tout d'abord pure, puis pacifique, indulgente, bienveillante, pleine de pitié et de bons fruits, sans partialité, sans hypocrisie (…). Un fruit de justice est semé dans la paix pour ceux qui produisent la paix ».

Benoît XVI commentait : « Ces paroles font penser au témoignage de si nombreux chrétiens qui avec humilité et dans le silence, consacrent leur vie au service des autres à cause du Seigneur Jésus, œuvrant concrètement comme serviteurs de l'amour et ainsi « artisans » de paix ».

« A certains, ajoutait le pape, il est parfois demandé le témoignage suprême du sang, comme cela est arrivé il y a quelques jours également à la religieuse italienne Sœur Leonella Sgorbati, victime de la violence. Cette sœur, qui depuis de nombreuses années, servait les pauvres et les plus petits en Somalie, est morte en prononçant le mot ‘pardon’: voilà le témoignage chrétien le plus authentique, un signe pacifique de contradiction qui démontre la victoire de l'amour sur la haine et sur le mal ».

« Il ne fait aucun doute que suivre le Christ est difficile, mais, comme Il le dit, seul celui qui perd sa vie à cause de lui et de l'Evangile la sauvera (cf. Mc 8, 35), donnant tout son sens à son existence. Il n'existe pas d'autre voie pour être ses disciples, il n'existe pas d'autre voie pour témoigner de son amour et tendre à la perfection évangélique. Que Marie, que nous invoquons aujourd'hui comme Bienheureuse Vierge de la Miséricorde, nous aide à ouvrir toujours plus notre cœur à l'amour de Dieu, mystère de joie et de sainteté », concluait le pape.

En français, Benoît XVI disait encore : « Je vous adresse mes salutations cordiales, chers pèlerins francophones. L’Évangile nous invite aujourd’hui à être d’humbles serviteurs du Christ et de son message de salut. Puisse cette attitude spirituelle vous disposer à accueillir la grâce du Seigneur et vous ouvrir à la rencontre avec vos frères, pour leur annoncer la Bonne Nouvelle et vivre avec eux une vie fraternelle. Avec ma Bénédiction apostolique ».