« Parole et poésie » à l'Université grégorienne de Rome

Poésie et lectio divina

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ROME, mardi 20 mars 2012 (ZENIT.org) – « Parole et poésie » : c’est le thème de la conférence organisée dans le cadre du cycle "philosophie et théologie" à l'Université grégorienne ce jeudi à 16h,  en français avec traduction simultanée en italien, indique le directeur de l’Institut français de Rome, M. Nicolas Bauquet. 

Poète français contemporain, Jean-Pierre Lemaire évoquera « l’expérience de l’écriture d’un poème à partir de la lecture de la Bible », et il offrira, au cours de cette réflexion, des extraits de poèmes inédits.

Pour lui en effet, « la poésie « révèle le lieu où le corps donne des racines à la parole », comme dit le poète Lucien Noullez : écrire un poème à partir d’une lecture de la Bible, ce sera recueillir le fruit de cette rencontre entre la parole biblique et la parole intérieure ; troisième parole, parole nouvelle qui aura un goût particulier où se marient un cépage et un terrain, des mots venus de la Bible et des mots venus de la vie du lecteur-poète ; parole qu’on espère savoureuse afin qu’elle puisse se mêler à son tour « au courant incessant de paroles intérieures en autrui. »

Le Père Olivier-Thomas Venard O.P., docteur en théologie, professeur à l’Ecole biblique de Jérusalem, se propose de montrer « comment la Parole se reçoit comme poésie, mais aussi comment la Parole reçue permet de reconnaître la poésie présente dans toute existence ».

Pour le P. Venard, « la réception traditionnelle des Écritures, qu’on appelle la lectio divina, donne au langage une primauté qu’il ne possède plus guère aujourd’hui que chez les poètes. Pieusement reçues, les Écritures suscitent et maintiennent le « souci poétique ». Il s’agit d’être pris, plutôt que de prendre, d’écouter plutôt que de discourir. Au cours de la lectio et de la meditatio, mon œil écoute. Sur la page sacrée où mon cœur allume le feu du sens aux brindilles des signes qu’il récolte (legere), le langage se déploie dans son état « intransitif ». Il ne renvoie pas tout de suite à un au-delà de lui-même dont il ne fût que la doublure : il invite à séjourner dans les mots. »