Pastorale de la Santé : 53e Journée mondiale des lépreux

| 463 clics

ROME, Mardi 17 janvier 2006 (ZENIT.org) – Voici le texte intégral, en français, du Message du conseil pontifical pour la Pastorale de la Santé à l’occasion de la 53e Journée mondiale des lépreux, le dimanche 29 janvier 2006.




Message de Monsieur le Cardinal Javier Lozano Barragan
Président du Conseil Pontifical pour la Pastorale de la Santé
à L. Exc. Nosseigneurs les Présidents des Conférences épiscopales nationales
et aux Evêques chargés de la Pastorale de la Santé

53ÈME JOURNÉE MONDIALE DES LÉPREUX



« Seigneur, si tu le veux, tu peux me guérir » (Mt 8, 2)

Fidèle à son Maître et Seigneur Jésus Christ, l’Eglise catholique garde toujours vivante et agissante la conscience qu’elle a d’être envoyée au monde pour annoncer l’Evangile du Royaume de Dieu et pour soigner les malades (cf. Mt 10, 1 ; Mc 6, 3 ; Lc 9, 1-6 ; 10, 9).
Comme Jésus qui rencontre le malade atteint de la lèpre, accueille son cri « Seigneur, si tu le veux, tu peux me guérir », le guérit et le rend à la vie sociale (cf Mt 8, 2-4), l’Eglise, en cette « 53ème Journée Mondiale pour les malades atteints de la lèpre », désire se mettre à l’écoute de tant de gens qui, dans le monde, sont encore frappés par la maladie de Hansen, c’est-à-dire par la lèpre ; par l’intermédiaire du Conseil Pontifical pour la Pastorale de la Santé, elle veut donc donner un écho à leur cri d’appel à l’aide, afin que tous ensemble nous nous sentions appelés par les diverses possibilités et responsabilités à nous engager afin d’apporter des réponses concrètes aux besoins de soins que connaissent les malades souffrant de la lèpre.

2. Si, en effet, les progrès scientifiques, pharmacologiques et médicaux permettent aujourd’hui de pouvoir disposer de médicaments et soins thérapeutiques efficaces pour la guérison de la lèpre à ses premiers stades, il reste toujours de nombreux groupes de personnes malades et de larges zones dans le monde qui ne bénéficient pas encore de ces possibilités d’assistance, pour de nombreuses raisons qu’il y aurait lieu d’analyser et d’évaluer.
Certaines données fournies par la « World Health Organization » nous font réfléchir : au début de l’année 2005, les cas déclarés de lèpre se chiffraient à 47.596 en Afrique, 36.877 en Amérique, 186.182 en Asie du Sud-est, 5.398 en Méditerranée orientale et 10.010 dans le Pacifique occidental. Par bonheur, on ne manque pas, non plus, toujours selon la WHO, de données qui parlent d’un recul de la maladie au moins en ce qui concerne les chiffres déclarés : de 763.262 malades en 2001 on est passé à 407.791 en 2004.
La légitime et commune satisfaction pour les résultats obtenus dans la lutte contre la maladie de Hansen ne doit pas laisser aller à un engagement réduit ou à un oubli des besoins permanents, des causes endémiques de la maladie, des préjudices encore existants et des éventuels disfonctionnements dans l’organisation.
Une diminution de l’attention aux problèmes serait particulièrement dommageable justement à un moment où, si nous le voulions très fort, on pourrait faire un effort décisif pour enrayer, définitivement et dans toutes les parties du monde, la maladie de la lèpre.

3. Cet engagement demande certainement une collaboration améliorée et plus constante entre les Organismes internationaux, les Gouvernements nationaux et régionaux, les Organisations non gouvernementales engagées dans ce domaine, les Eglises locales et les réalités travaillant sur le territoire, autour de programmes ciblés et annexes, pour mieux répondre aux nécessités actuelles de prévention et de soins pour les personnes à risques ou déjà malades de la lèpre.
Parmi les besoins auxquels on est appelé à répondre aujourd’hui, en plus du développement de l’organisation et de canaux plus efficaces et garantis pour la distribution gratuite des médicaments et l’attention apportée à l’hygiène, il y a la nécessité de préparer, surtout dans les pays et zones où la lèpre est présente, des groupes d’agents socio sanitaires qui soient en mesure d’agir sur le terrain en diagnostiquant à temps la présence de la maladie et de la soigner tant dans la phase initiale que dans la phase de développement.
Il en découle, d’une part, la nécessité de projets de formation dûment programmés et, d’autre part, la nécessité d’avoir une connaissance plus précise de la réalité et des zones insuffisamment desservies ou non encore atteintes par les divers programmes sociaux et thérapeutiques.

4. En cette « 53ème Journée Mondiale des malades de la lèpre », c’est une pensée particulière et affectueuse que le Conseil Pontifical pour la Pastorale de la Santé désire adresser à toutes les communautés chrétiennes répandues à travers le monde, à leurs Pasteurs, à tous les missionnaires, pour leur exprimer une profonde reconnaissance fraternelle pour l’engagement qu’ils apportent dans la lutte contre la maladie de la lèpre et dans les soins attentifs qu’ils prodiguent aux personnes qui en sont atteintes. Car on ne peut pas oublier comment, depuis toujours, l’Eglise s’est employée à assurer, avec une profond dévouement et dans tant de pays du monde, l’accueil, les soins et la réinsertion sociale des malades de la lèpre.
La célébration de cette 53ème Journée mondiale doit devenir pour toutes nos communautés une invitation à renouveler notre devoir commun de solidarité, de sensibilisation aux problèmes, de soutien à nos missions particulièrement engagées dans ce domaine et à ceux qui travaillent à des niveaux divers dans la lutte contre la lèpre.
Le dimanche 29 janvier en particulier, j’invite nos communautés à « faire mémoire », dans la célébration eucharistique, du Corps Total du Christ présent dans tant de personnes et dans tant de familles qui souffrent encore du fait de la lèpre, avec le souhait que l’Eucharistie, actualisation et manifestation de l’amour et de la solidarité salvatrice de Dieu pour nous et pour tous les hommes, devienne la source d’un amour et d’une solidarité plus grande de notre part envers les personnes qui souffrent et les malades atteints de la lèpre, source capable de construire une humanité plus juste, plus fraternelle et en paix.
Ce sera une manière concrète de manifester que « Dieu est Amour qui sauve, Père aimant qui désire voir ses enfants se reconnaître entre eux comme des frères cherchant de manière responsable de l’espérance qui donne sens à la vie personnelle et collective ». (Benoît XVI, Message pour la célébration de la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2006).