Pavillon du Saint-Siège à Saragosse : Congrès sur l’écologie

« La question écologique, la vie de l’homme dans le monde »

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ROME, Jeudi 10 juillet 2008 (ZENIT.org) - « La question écologique, la vie de l'homme dans le monde », c'est le thème d'un congrès international de trois jours inauguré le 10 juillet par le cardinal Martino au pavillon du Saint-Siège à l'« Expo » de Saragosse en Espagne, organisée sur le thème de l'eau.

Le cardinale Renato Raffaele Martino, président du Conseil pontifical justice et paix, a souligné que le Saint-Siège désire ainsi répondre « dans une perspective humaine et chrétienne, aux questions que l'homme se pose sur l'évolution actuelle du monde ».

Pour Francesco Viola, professeur de philosophie du droit à l'université de Palerme, qui interviendra pendant le congrès, « le grand thème d'aujourd'hui est celui du rapport entre l'homme et la nature ».

Il a expliqué au micro de Radio Vatican : « Il s'agit de dépasser les dichotomies du passé, surtout celles de la modernité, qui ont opposé l'homme et la nature, le sujet et l'objet, le corps et l'esprit. En somme, elles ont séparé les entités qui au contraire appartiennent toutes au grand monde de la création. On les a opposées l'une à l'autre, et par conséquent, protéger l'un devient une façon de nuire à l'autre ».

Il a précisé que « le problème est celui de la cohabitation » et que « le danger est de passer de la séparation du passé à une forme de nivellement où tout assume la même valeur et par conséquent où tout est homologué ».

« Je crois, a ajouté le philosophe, que le Saint-Siège se bat justement sur ce front, c'est-à-dire sur celui de la cohabitation à l'intérieur d'un univers différencié parce que maintenir une différence, c'est maintenir la signification des choses ».

« L'eau, a-t-il précisé, appartenait à ces biens qu'il n'était pas nécessaire de réglementer parce qu'elle n'était pas rare et donc, l'eau, d'où jaillit la vie, ne faisait pas l'objet d'une protection particulière. Aujourd'hui au contraire, la situation s'est inversée : la source de la vie commence à devenir rare ».

Le philosophe a fait observer que « la situation écologique peut activer aussi des formes de solutions autoritaires où les droits de l'homme peuvent être subordonnés à la protection de la nature ».

Or, a-t-il remarqué, « il faut une opération de synthèse qui stimule la sagesse chrétienne », car, le « sage », selon la vision chrétienne, c'est celui qui met en ordre, la sagesse est de mettre de l'ordre ».

« Maintenant, cet ordre de la nature, qui pendant un moment a semblé donné à l'homme et que l'homme pouvait recevoir avec gratitude sans le manipuler. Au contraire, aujourd'hui, cet ordre doit être re-confirmé par l'homme. Dans un certain sens, l'homme doit vouloir que l'ordre du monde se maintienne ».

Anita S. Bourdin