"Pères, soyez très proches de vos enfants !"

Catéhèse du 19 mars 2014 (texte intégral)

Rome, (Zenit.org) Pape François | 1244 clics

Le pape François exhorte les pères à être « très proches de [leurs] enfants » : « ils ont besoin de vous, de votre présence, de votre proximité, de votre amour ».

En ce 19 mars, jour de la saint Joseph, qui est aussi « fête des pères » en Italie, le pape a longuement salué et encouragé « tous les papas » lors de l'audience générale place Saint-Pierre : « Tous mes vœux en ce jour qui est le vôtre ! » Quelque 80 000 personnes ont participé à l'audience.

Il a consacré sa catéchèse au saint patron de l’Église universelle, « modèle de l’éducateur et du papa, du père », modèle aussi pour « les prêtres – qui sont pères – et ceux qui ont une tâche d’éducation dans l’Église et dans la société ».

Catéchèse du pape François

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui, 19 mars, nous célébrons la fête solennelle de saint Joseph, époux de Marie et patron de l’Église universelle. Consacrons-lui donc cette catéchèse, à lui qui mérite toute notre reconnaissance et notre dévotion, pour avoir su garder la Sainte Vierge et son fils Jésus. Être gardien est la caractéristique de saint Joseph, c’est sa grande mission, être gardien.

Aujourd’hui, je voudrais reprendre ce thème, « être gardien », dans une perspective particulière, la perspective éducative. Regardons Joseph comme le modèle de l’éducateur, qui a su garder et accompagner Jésus dans son chemin de croissance « en sagesse, en taille et en grâce », comme le dit l’Évangile de Luc. Il n’était pas le père de Jésus : le père de Jésus était Dieu, mais il a servi de papa à Jésus, il a servi de père à Jésus pour l’aider à grandir. Et comment l’a-t-il aidé à grandir ? En sagesse, en taille et en grâce.

Partons de la taille, qui est la dimension la plus naturelle, la croissance physique et psychologique. Joseph, avec Marie, a pris soin de Jésus avant tout sur ce plan-là, c’est-à-dire qu’il l’a « élevé », en se souciant qu’il ne manque pas de ce qui est nécessaire à un sain développement. N’oublions pas que cette garde prévenante de la vie de l’Enfant a comporté aussi la fuite en Égypte, la dure expérience de vivre comme des réfugiés – Joseph a été un réfugié, avec Marie et Jésus – pour échapper à la menace d’Hérode. Puis, une fois rentrés dans leur patrie et établis à Jérusalem, il y a eu toute la longue période de la vie en famille. Pendant ces années, Joseph a aussi appris à Jésus son travail, et Jésus a appris le métier de menuisier, comme son père Joseph. C’est de cette façon que Joseph a élevé Jésus.

Passons à la seconde dimension de l’éducation de Jésus, celle de la « sagesse ». Joseph a été pour Jésus un exemple et un maître de cette sagesse qui se nourrit de la Parole de Dieu. Nous pouvons imaginer comment Joseph a enseigné à l’enfant Jésus à écouter les Saintes Écritures, en particulier en l’accompagnant le samedi à la synagogue de Nazareth. Et Joseph l’accompagnait pour que Jésus écoute la Parole de Dieu dans la synagogue.

Et enfin, la dimension de la « grâce ». Saint Luc nous dit encore, en se référant à Jésus : « La grâce de Dieu était sur lui » (2,40). Ici, certainement, la part réservée à saint Joseph est plus limitée, par rapport à ce qui concerne la taille et la sagesse. Mais ce serait une grave erreur de penser qu’un père et une mère ne peuvent rien faire pour éduquer leurs enfants à grandir dans la grâce de Dieu. Grandir en taille, grandir en sagesse, grandir en grâce : c’est le travail qu’a fait Joseph avec Jésus, le faire grandir dans ces trois dimensions, l’aider à grandir.

Chers frères et sœurs, la mission de saint Joseph est certainement unique et inimitable, parce que Jésus est absolument unique. Et pourtant, en gardant Jésus, en lui apprenant à grandir en taille, en sagesse et en grâce, Joseph est le modèle de tous les éducateurs, en particulier de tous les pères. Saint Joseph est le modèle de l’éducateur et du papa, du père. Je confie donc à sa protection tous les parents, les prêtres – qui sont pères – et ceux qui ont une tâche d’éducation dans l’Église et dans la société. D’une manière particulière, je voudrais saluer aujourd’hui, en ce 'jour du papa', tous les parents, tous les papas : je vous salue de tout cœur ! Voyons… y a-t-il des papas sur la place ? Levez la main, les papas ! Tous ces papas ! Tous mes vœux, tous mes vœux en ce jour qui est le vôtre ! Je demande pour vous la grâce d’être toujours très proches de vos enfants, en les laissant grandir, mais proches, proches ! Ils ont besoin de vous, de votre présence, de votre proximité, de votre amour. Soyez pour eux comme saint Joseph : des gardiens de leur croissance en taille, en sagesse et en grâce. Des gardiens de leur chemin, des éducateurs. Marchez avec eux. Et par cette proximité, vous serez de véritables éducateurs. Merci pour tout ce que vous faites pour vos enfants, merci ! Tous mes vœux, et bonne fête des papas à tous les papas qui sont ici, à tous les papas ! Que saint Joseph vous bénisse et vous accompagne. Et certains d’entre nous ont perdu leur papa, il est parti, le Seigneur l’a rappelé ; il y en a beaucoup sur la place qui n’ont pas leur papa. Nous pouvons prier pour tous les papas du monde, pour les papas vivants et aussi pour ceux qui sont morts et pour nos proches, et nous pouvons le faire ensemble, chacun de nous se souvenant de son papa, qu’il soit vivant ou mort. Et prions le Père, notre grand papa à tous : un « Notre Père », pour nos papas. Notre Père…

Et tous mes vœux aux papas !

Traduction de Zenit, Hélène Ginabat