Personne ne possède la vérité, c'est l'homme qui lui appartient

Homélie de Benoît XVI pour la clôture du "Ratzinger Schülerkreis"

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ROME, dimanche 2 septembre 2012 (ZENIT.org) – Personne ne possède la vérité, c’est l’homme qui lui appartient, souligne Benoît XVI.

Le traditionnel séminaire des anciens étudiants du pape, le « Ratzinger Schülerkreis », s’est conclu, ce matin, 2 septembre 2012, par une messe présidée par Benoît XVI, au Centre Mariapoli de Castelgandolfo (cf. Zenit du 29 août 2012).

Aujourd’hui, « les concepts de vérité et intolérance ont presque fusionné : dire "avoir la vérité" devient synonyme d’intolérance », constate Benoît XVI durant son homélie, rapportée par Radio Vatican.

Pour le pape, pourtant, cette assertion rappelle que « personne ne possède la vérité », car « c’est l’homme qui appartient à la vérité ».

« Personne ne peut dire « j’ai la vérité » », insiste le pape. Le croyant ne peut que dire : « la vérité est venue parmi nous » et « dans l’Eucharistie, la vérité est venue pour tirer l'homme de ses misères, de son égoïsme, qui font ressembler le christianisme à un système de coutumes ».

Pour rester dans la vérité, il faut « se laisser guider par elle », souligne-t-il, invitant à « se faire conduire par la vérité afin qu’elle puisse de nouveau briller pour le salut du monde ».

La loi de Dieu est la « vraie sagesse », souligne Benoît XVI par ailleurs, et c’est un « don » duquel « se réjouir », non pas un « fruit de son propre génie qui puisse générer du triomphalisme ».

Ainsi l’Eglise doit « se réjouir dans le don du Christ, loi faite chair, Amour de Dieu pour l’homme » : il n’y a « pas de place pour le triomphalisme, mais seulement pour la joie et la reconnaissance », estime le pape.

Mais « avec le temps », des « habitudes humaines » se sont « ajoutées au don de Dieu, masquant la sagesse donnée par Dieu », fait-il observer : or ces ajouts peuvent « conduire l’Eglise au triomphalisme, à s’auto-glorifier ».

Benoît XVI met donc en garde le croyant, qui ne voit plus que « ce qui est fait par lui » et qui « n’ose plus dire que Dieu a enseigné la vérité et a enseigné ce qu’est l’homme ».