Petite méthode, lorsque la Bible fait peur

Les lectures de la messe pour les jeunes

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Franz Le Guen

ROME, dimanche 18 novembre 2012 (Zenit.org) – Ce que l’Eglise propose pour mieux connaître Jésus ce dimanche est à la fois bref et dense. Montre en main, pour lire tranquillement les quatre lectures sur le site de l’Association épiscopale liturgique pour les pays francophones (AELF) il ne faut pas plus de trois minutes. Mais il y a des choses assez difficiles à comprendre. Lorsque les textes font peur, il existe une petite méthode de lecture assez efficace.

Ecoute et lis !

Vous vous souvenez, il y a deux semaines, on s’est dit qu’il fallait d’abord revenir sans cesse à ce Dieu demande depuis des siècles à son peuple : « Ecoute ! ». A chaque époque de l’histoire, il a quelque chose à dire aux hommes, pour les aider, spécialement en temps de crise. Pour trouver, avec lui, la sagesse, la « sortie de crise ».

Ecoute, et lis ! Car « quand tu lis, c’est Dieu qui te parle », dit saint Augustin. Et la messe du dimanche propose trois lectures et le psaume, donc quatre belles tranches de pain frais savoureux pour nourrir notre intelligence et notre cœur, pour que Dieu parle au cœur de chacun: tel mot, tel verset de la messe est pour moi.

Ainsi, chaque dimanche, on l’a vu la semaine dernière, j’ai ma surprise, si mon cœur veut bien se préparer et se laisser surprendre. Et cette surprise, je la note sur mon carnet. Elle va m’accompagner, m’épauler, m’éclairer toute la semaine ! Et plus encore… Elle rejaillira du cœur au bon moment.

Ce que je comprends, aujourd’hui

Aujourd’hui, deux autres éléments vont nous aider. Premièrement, mieux vaut chercher à comprendre « ce que je comprends », sans de me casser les dents sur « ce que je ne comprends pas ». Car ce que j’ai compris assez facilement va m’aider à comprendre ce qui est plus difficile. Sans chercher à tout comprendre aujourd’hui. Mais recevoir ce qu’Il veut me dire, pour aujourd’hui.

Deuxièmement, au lieu de me précipiter sur ce qui me fait peur, partir de ce qui me rassure : Dieu est Bon. Partir de sa bonté, c’est toujours le bon plan. Le credo dit que le Fils de Dieu s’est incarné, est mort et ressuscité « pour nous les hommes et pour notre salut ». C’est la clef de lecture des pages inquiétantes de la Bible. Qu’est-ce qui, dans ce texte est pour moi et pour mon salut, pour mon bien, pour le bien des miens, pour le bien du monde ? Il fallait peut-être s’en souvenir avant de lire le livre de Daniel et l'Evangile, qui parlent de temps très troublés.

Sous forme énigmatique

Pour savoir à quelle époque écrivent le prophète Daniel et les prophètes de son école, dont le livre réunit les messages, il n’est pas interdit de vérifier… sur wiki... Mieux encore dans l’introduction de la Bible de Jérusalem ou de la « Traduction oecuménique de la Bible » (TOB).

Le livre décrit des événements se déroulant à partir de la captivité du peuple juif à Babylone (aujourd’hui en Irak) sous le roi Nabuchodonosor, soit entre 605 et 562 avant Jésus-Christ : un événement traumatisant d’il y a plus de 2500 ans. Mais le livre couvre plusieurs générations, jusqu’au règne d’un autre roi terrible, Antiochus IV, qui voulait éradiquer le judaïsme et le culte du Dieu d’Israël, le Dieu unique. Ce roi a vécu entre 175 et 163 avant Jésus-Christ. Ainsi daté, on peut dire que le livre de Daniel est le plus récent de l’Ancien Testament : ses derniers écrits datent de moins de deux siècles avant Jésus. Et ces événements passés ont un sens encore aujord'hui pour cette génération.

De plus, le livre de Daniel est écrit dans un style que l’on a appelé « apocalyptique », apocalypse voulant dire en grec « dévoilement », « révélation ». 

« Beaucoup de gens qui dormaient dans la poussière de la terre s'éveilleront : les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte et la déchéance éternelles », dit Daniel : un témoignage de la « foi » d’Israël dans la vie éternelle et dans la rétribution de chacun selon ses actes.

On n’est pas faits pour vivre un temps et mourir, rappelle Daniel. On est faits pour vivre toujours. On le pressent bien quand on aime. Et si la personne aimée meurt, l’amour ne meurt pas. On continue d’aimer, d’être aimé. Benoît XVI en a parlé cette semaine aux Portugais croyants et non-croyants.

Daniel propose cette vision du bonheur sans fin, lié à notre « justice » maintenant: « Les sages brilleront comme la splendeur du firmament, et ceux qui sont des maîtres de justice pour la multitude resplendiront comme les étoiles dans les siècles des siècles. »

Je garde le Seigneur devant moi

Le Psaume donne ensuite une parole facile à mémoriser pour chasser la peur : « Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable ».

La lettre aux Hébreux affirme la victoire du sacrifice du Christ sur le mal et le pardon des péchés: « Par son sacrifice unique, il a mené pour toujours à leur perfection ceux qui reçoivent de lui la sainteté. Quand le pardon est accordé, on n'offre plus le sacrifice pour les péchés ».

Enfin, l’évangile selon saint Marc annonce la venue définitive du « Fils de l’homme », c’est-à-dire du Christ Sauveur. C’est pourquoi l’alléluia avertit : « Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes de paraître debout devant le Fils de l'homme ».

De la lecture de l’Evangile, on peut retenir ce verset : « Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas ».

Et pour ce qui est de l’inquiétude de l’avenir, Jésus rappelle que l’histoire de l’humanité est dans la main d’un Père aimant dont il a révélé le visage: « Quant au jour et à l'heure, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père. »