Pie XII a sauvé de nombreux Juifs de la déportation, affirme un rabbin

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ROME, Dimanche 3 septembre 2006 (ZENIT.org) – Un nouveau livre vient d’être publié aux Etats-Unis sur les relations du pape Pie XII avec le peuple juif en pleine guerre mondiale, par le rabbin David G. Dalin. Il s’intitule : « The Myth of Hitler’s Pope: How Pius XII rescued Jews from the Nazis » (Le mythe du Pape de Hitler : Comment Pie XII sauva-t-il des Juifs des Nazis).



Invités par la « Fondation internationale Raoul Wallenberg » et les organisations non-gouvernementales faisant partie de son réseau, Casa Argentina en Jerusalem, Interfe Internacional, l’Institut international Angelo Roncalli, l’Institut international Souza Dantas, des représentants de différentes confessions se sont réunis pour analyser les résultats des recherches historiques de David G. Dalin.

Le fondateur de ces centres interconfessionnels, Baruj Tenembaum a analysé le sens de la publication d’un livre qui traite de problèmes aussi polémiques, ainsi que sa perspective juive.

Baruj Tenembaum est diplômé du Majon Lelimude, Hayahadut. Il est professeur d’histoire de la Bible et d’hébreu dans différents centres d’étude et conseiller de rabbins, d’intellectuels, de prêtres. Il fut l’un des pionniers du mouvement interconfessionnel, ce qui lui a valu de recevoir des décorations du pape Paul VI et de différents gouvernements.

L’auteur de l’ouvrage est le rabbin David G. Dalin, historien, professeur à l’Université Ave Maria. Il a consacré plusieurs années de recherche à ce thème.

Pour expliquer le contexte de l’ouvrage, Baruj Tenembaum a rappelé que l’œuvre théâtrale « Le Vicaire » écrite en 1963 par Ralf Hochhuth a jeté les bases d’une vision particulière d’Eugène Pacelli qui fut élu pape sous le nom de Pie XII en 1939. Puis, en 1999, John Cornwell publia « Hitler’s Pope » (Le Pape de Hitler) et en 2002, Daniel Goldhagen publia « A Moral Reckoning », tous deux présentant un regard critique sur le rôle joué par le pape.

David Dalin tente en revanche de montrer que Pie XII a sauvé de nombreuses vies au cours de l’Holocauste.

Même si des personnes comme le père Tosé Tiso, prêtre slovaque, sont, selon certaines sources historiques, soupçonnées d’avoir encouragé les Allemands à déporter les Juifs en Pologne (occupée par l’Allemagne) de nombreux autres prêtres, religieux et religieuses sauvèrent des juifs, spécialement en Pologne, en France et en Italie.

Dalin cite les remerciements de Golda Meir, ministre des Affaires étrangères en Israël au moment de la mort de Pie XII, qui envoya un message au Vatican à l’occasion du décès du pape, en disant : « Nous sommes désolés, nous avons perdu un serviteur de la paix. La voix du pape durant le nazisme fut claire et défendit les victimes ».

Dalin analyse et documente de manière exhaustive le chapitre tragique de la déportation des Juifs de Rome à Auschwitz en 1943, en mentionnant différentes sources, y compris la princesse italienne catholique Enza Aragona Cortes.

Le pape demanda à son secrétaire d’Etat, le cardinal Luigi Maglione, de protester auprès de l’ambassadeur allemand près le Saint-Siège, Ernst von Weizsacker : « Essayez de sauver les innocents qui souffrent du fait de leur appartenance à une race déterminée », déclarait le cardinal.
A la demande du cardinal Maglione, l’ambassadeur allemand donna l’ordre d’interrompre la déportation ; et le pape fit ouvrir les portes du Vatican pour cacher les Juifs de Rome qui furent recueillis dans des couvents et des monastères, selon ces sources.

Grâce à l’intervention du pape, c’est Rome qui a eu, parmi les villes occupées par les nazis, le plus grand pourcentage de survivants juifs.

Sur les 5.715 Juifs de Rome enregistrés par l’Allemagne pour être déportés, 4.715 furent accueillis dans 150 institutions catholiques (477 dans des lieux appartenant au Vatican). L’ambassadeur britannique près le Saint-Siège confirme ce fait.

Le pape a eu une attitude similaire en Hongrie à travers son représentant, le nonce apostolique Angelo Rotta qui contribua de manière décisive à sauver la vie de 5000 Juifs.

La Bulgarie est également citée dans la liste d’événements historiques mentionnés par Dalin, et en particulier l’attitude de l’archevêque Angelo Roncalli (futur Jean XXIII) ainsi que d’autres catholiques qui sauvèrent des Juifs en affirmant qu’ils le faisaient sur ordre du pape. Des faits curieux sont rapportés, telle que la nomination de Juifs renvoyés par Benito Mussolini, comme experts au Vatican.

Baruj Tenembaum « invite chacun à chercher et annoncer la vérité. Sans préjugé ! Rien que la vérité ! A ne pas s’attacher à des idées préconçues, à ne pas répandre des calomnies ! »

« Suivons le chemin de la réconciliation avec l’esprit ouvert ! », s’exclame-t-il.

« Nous les Juifs souhaitons rappeler et défendre la vérité. Toute la vérité et rien que la vérité », a-t-il conclu.