Plus de dépenses pour l’armement, et moins pour les affamés, dénonce le card. Sodano

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ROME, Lundi 17 octobre 2005 (ZENIT.org) – « Plus on dépense dans les armements, et moins il reste pour les affamés », dénonce le cardinal Angelo Sodano.



A l’occasion des célébrations du 60e anniversaire de la fondation de l’Organisation de l’ONU pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO , Food and Agriculture Organisation), qui a son siège à Rome, le cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano invite à « redécouvrir le sens de la personne humaine ». Le pape Benoît XVI avait lui-même adressé un message à l’organisation à l’occasion de cet anniversaire (cf. ci-dessus), rappelant les responsabilités humaines, dans le drame de la faim.

Une « campagne efficace contre la faim » implique, soulignait pour sa part le cardinal Sodano, bien plus que des indications sur les mécanismes des marchés, ou sur les techniques de production alimentaire. Il est tout d’abord nécessaire, disait-il, de « redécouvrir le sens de la personne humaine dans sa dimension individuelle et communautaire ».

Il soulignait les motifs de cette « situation paradoxale » qui fait que « l’abondance et la pénurie » coexistent.

L’un d’eux est que « certaines formes d’assistance au développement sont subordonnées à la mise en œuvre par les pays pauvres de politiques d’ajustement structurel pour pouvoir accéder au marché des produits agricoles ». Et dans les pays plus développés, on rencontre une culture de la « consommation » qui tend à « exalter les faux besoins au détriment des besoins réels ».

Le cardinal Sodano a présenté les salutations de Benoît XVI et assuré la FAO du soutien du Saint-Siège dans cette lutte « prioritaire » contre la faim.

« Plus on dépense dans les armements, et moins il reste pour les affamés », a dénoncé le cardinal Sodano.

Une affirmation qui a trouvé un écho dans l’intervention du président de la République italien M. Carlo Azeglio Ciampi qui dénonçait: « Une société qui dépense chaque année des centaines de milliards en armement et permet que chaque année 5 millions d’enfants meurent de faim, est malade d’égoïsme et d’indifférence ».

Il déplorait ce « massacre silencieux » devant lequel « la conscience ne peut pas ne pas se rebeller » : « un monde plus juste est un monde plus sûr », affirmait encore le président italien.

Le président brésilien Lula a pour sa part déclaré: « La faim est la pire arme de destruction de masse de notre siècle ».

Si, de 1960 à nos jours le pourcentage des personnes qui souffrent la faim est descendu de 35% à 16%, on déplore encore que 852 millions de personnes souffrent du manque de nourriture, a pour sa part rappelé M. Jacques Diouf qui a annoncé un projet de réforme pu mieux combattre ce fléau de la faim.