Plus de sagesse dans le monde, grâce aux personnes âgées

Mgr Tomasi à l'ONU

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 743 clics

« Contrairement aux stéréotypes communs, grâce à leur expérience et leur maturité, les personnes âgées sont un enrichissement pour la société et aident à regarder les questions humaines avec plus de sagesse », estime le Saint-Siège, qui plaide pour que leur soit donnée « la place qui leur revient dans la vie de la communauté ».

Mgr Silvano M. Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies à Genève, est intervenu au cours de la 24e session ordinaire du Conseil des droits de l’homme, sur les droits des personnes âgées, le 13 septembre 2013.

Le Saint-Siège a fait part de sa « grande préoccupation » pour « l'impact de la crise financière » sur les personnes âgées : « pauvreté, insécurité alimentaire, manque de logement, croissant isolement, difficultés d’accès aux soins de santé… » sont autant de problèmes rencontrés par une population « en augmentation ».

Face à ces données, l’archevêque a dénoncé la tendance à « entreposer » les personnes âgées, « en les privant de la place qui leur revient dans la vie de la communauté » : « La population en général est privée des bénéfices de l’expérience et de la sagesse de ces membres », a-t-il estimé.

C’est pourquoi il a appelé à « un instrument contraignant » dans le but de « valoriser leur présence positive dans la société par la promotion et la protection de leurs droits ».

« Contrairement aux stéréotypes communs, grâce à leur expérience et leur maturité, les personnes âgées sont un enrichissement pour la société et aident à regarder les questions humaines avec plus de sagesse », a poursuivi Mgr Tomasi, plaidant pour « affirmer et préserver le rôle social des personnes âgées ».

Pour « protéger de façon efficace leurs droits humains », le Saint-Siège a préconisé quelques lignes de conduite :

Il s’agit d’une part « d’élaborer des politiques plus justes et plus équitables », quitte à « redéfinir le concept d’utilité sociale » pour ceux qui ont quitté le marché du travail mais qui restent « nécessaires » pour « renforcer le tissu de la société par le volontariat ».

Mgr Tomasi a aussi invité à « les impliquer dans les processus décisionnels qui concernent leur vie et leur intégration sociale » et à ne prendre « la responsabilité de décider de leurs soins » que « sur des preuves certaines qu’elles sont incapables de le faire seules ».

« Promouvoir la solidarité sociale » peut être aussi une réponse, a-t-il ajouté, dans un contexte où « les limitations des financements sont souvent utilisées comme excuses pour priver les personnes âgées d’une meilleure qualité de vie ».

Enfin, il a demandé de « garantir l'accès aux soins de santé » : pour le Saint-Siège en effet, les coûts des hôpitaux peuvent être évités « en renforçant les premiers soins » et « le soutien communautaire », et « en fournissant une aide financière aux familles pour garder les personnes âgées chez elles ».

Enfin, le Saint-Siège a exprimé « avec force » son soutien « au droit à la vie, de la conception à la mort naturelle », en s’opposant « inconditionnellement » à « toute tentative de mettre fin à la vie des personnes âgées pour le seul fait qu’elle ne peuvent plus accomplir un rôle de “membres contribuables de la société” ou parce que les soins de santé pour cette catégorie de population impliquent des coûts croissants » : « La dignité des personnes reste toujours intacte », a-t-il insisté.

L’Eglise catholique, a rappelé Mgr Tomasi par ailleurs, détient 17.223 instituts pour personnes âgées et malades chroniques dans le monde, ainsi que différents services pour que ces personnes « puissent rester chez elles et soient activement impliquées dans la vie familiale et sociale ».