Pologne : Benoît XVI soutient l’initiative pour la sainteté des prêtres

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ROME, Dimanche 18 février 2007 (ZENIT.org) – Benoît XVI soutient l’initiative polonaise de la Journée pour la sainteté des prêtres, organisée à l’occasion du Mercredi des Cendres.



Benoît XVI disait en polonais après l’angélus de ce dimanche : « Je salue tous les Polonais. Selon l’initiative des évêques, le prochain mercredi des Cendres sera en Pologne un jour spécial de ‘prière et de pénitence de tout le clergé polonais’ ».

« Que la prière pour la sainteté des prêtres comble tous les fidèles de l’esprit de pardon, de réconciliation, de confiance réciproque. Dieu bénisse l’Eglise en Pologne », disait le pape.

Une claire allusion à la tempête qui a secoué l’Eglise de Pologne autour de la nomination et de la démission de l’archevêque de Varsovie, Mgr Stanislas Wielgus.

Rappelons que lors de son voyage en Pologne, le 25 mai 2006, le pape a évoqué les « héroïques témoins de la foi » et les figures de prêtres de l’histoire douloureuse de la Pologne, dont le cardinal primat, Stefan Wyszynski, mort en offrant sa vie pour Jean-Paul II.

Des saints et des hommes ordinaires, qui, disait le pape, ont persévéré dans la « droiture, dans l’authenticité et dans la bonté, sans jamais céder au manque de confiance » : « ils ne se sont pas laissés dominer par les forces des ténèbres ».

« Croyez à la puissance de votre sacerdoce ! », lançait le pape, invitant les prêtres à tout faire « au nom du Christ » pour qu’il puisse se servir de leurs « lèvres » et de leurs « mains ». Des mains qui ne sont pas destinées à servir « l’égoïsme » mais « doivent transmettre au monde le témoignage de son amour ».

Face à la « grandeur du sacerdoce », qui peut engendrer des craintes, le pape invitait les prêtres face à leurs « faiblesses » à se confier à « l’amour du Christ ».

Benoît XVI ajoutait : « Les fidèles attendent une seule chose des prêtres : qu’ils soient des spécialistes de la promotion de la rencontre de l’homme avec Dieu. On ne demande pas au prêtre d’être un expert en économie, en bâtiment ou en politique. On attend de lui qu’il soit un expert dans la vie spirituelle ».

Le pape invite les clercs à devenir des « prêtres authentiques », loin des « hypocrisies », parfois héritées du totalitarisme.

« On grandit en maturité affective, faisait remarquer Benoît XVI, lorsque le cœur adhère à Dieu. Le Christ a besoin de prêtres qui soient mûrs, virils, capables de cultiver une authentique paternité spirituelle ».

D’autre part, le pape a rappelé les appels de Jean-Paul II à ce que les chrétiens fassent « pénitence » pour les « infidélités passées ».

Tout en réaffirmant la sainteté de l’Eglise faite cependant « d’hommes pécheurs », Benoît XVI invitait les prêtres à ne pas s’identifier seulement à ceux qui sont sans péché : « Comment l’Eglise aurait-elle pu éloigner de ses rangs les pécheurs ? », puisque le Christ est venu, est mort et est ressuscité pour eux.

Le pape invitait le clergé à vivre avec « sincérité » la pénitence chrétienne, sans s’ériger « avec arrogance en juges des générations précédentes, qui ont vécu en d’autres temps, et d’autres circonstances ».

« Il faut, avec une humble sincérité, ne pas nier les péchés du passé », et cependant ne pas lancer d’accusations faciles en l’absence de preuves réelles ou en ignorant les différentes pré-compréhensions d’alors ».

En outre, le pape recommandait que « la confession du péché » soit toujours accompagnée de la « confessio laudis », « la confession de louange », pour « rappeler le bien accompli avec l’aide de la grâce divine ».

Pour ce qui concerne les défis actuels de l’Eglise de Pologne, le pape identifiait le chômage, l’émigration et la nécessité de ne pas abandonner le soin pastoral de ceux qui quittent leur pays.

Le pape se réjouissait des nombreux missionnaires polonais envoyés dans le monde, en exhortant les prêtres à ne pas avoir peur de laisser un « monde sûr et connu » pour servir là où l’on manque de prêtres et où « la générosité peut porter un fruit abondant ».