Portugal : La présence des laïcs dans la vie publique

Intervention du président de la CEP à l’assemblée plénière

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ROME, Lundi 15 novembre 2010 (ZENIT.org) - C'est en reconnaissant que « l'Etat et le pouvoir politique ne sont pas les seuls responsables du gouvernement de la nation » et en insistant sur l'importance que « toutes les forces et tous les secteurs collaborent en vue du bien commun » que Mgr Jorge Ortiga, président de la Conférence épiscopale du Portugal (CEP), a ouvert les travaux de l‘assemblée plénière de la CEP qui se sont achevés jeudi dernier à Fatima.

Dans son discours, l'archevêque de Braga a défendu la présence des laïcs chrétiens « dans la vie politique, culturelle, économique, financière, et dans la communication sociale », affirmant que celle-ci favoriserait « l'humanisation de la vie publique ».

« Un laïcat en harmonie avec l'Evangile et avec la doctrine sociale de l'Eglise exercerait certainement une force positive dans la résolution des problèmes de notre pays », a-t-il déclaré.

L'archevêque s'est dit perplexe devant « le manque de vérité » qui caractérise « les centres décisionnels de la gestion publique » qu'il impute à « une absence de volonté » à résoudre les défis actuels et à une avidité « obsessionnelle » qui conduit à « une déshumanisation de la vie ».

Les nouvelles générations, a-t-il déploré, « n'ont pas de perspectives quant à leur avenir, soit par manque d'emplois, soit parce que leur vie manque d'horizons » et les centres sociaux et d'assistance se remplissent de plus en plus de personnes qui n'ont plus de place dans leur propre famille.

« De nouvelles formes de libéralisation et d'imposition forcée d'une culture de la mort sans précédents et minimaliste sont apparues », risquant de conduire à une « déshumanisation des relations humaines », a mis en garde Mgr Ortiga.

Dans ce contexte d'incertitude et toujours selon le président de la Conférence des évêques portugais, « l'appel de l'Eglise à la charité dans la vérité a tout son sens. La vérité est un impératif pour tous, c'est un acte d'honnêteté, notamment au niveau des centres décisionnels des diverses charges politiques, économiques, sociales et culturelles ».

« Sans le témoignage et les exemples de guides, comment exiger des sacrifices de la part des personnes ? », s'est-il interrogé. « Ne faudrait-il pas des efforts de concertation et de mobilisation dans la recherche d'un modèle social qui dure et apporte de l'espérance aux générations présentes et à venir ? ».

L'Eglise, a-t-il ajouté, « continuera à annoncer la Pâque du Seigneur, dans la volonté de respecter le commandement d'amour du Christ et de réaliser les béatitudes dans le quotidien des personnes, là où les structures de l'Etat n'arrivent pas ou n'arrivent plus ».

« Malgré toutes les difficultés qui peuvent surgir dans nos paroisses ou diocèses, nous chercherons à mettre en pratique l'Evangile et à être présents là où la vie humaine n'est pas respectée ou affaiblie par manque de biens ou par absence du sens de la vie ».

« Nous avons la responsabilité apostolique de proposer la beauté de l'Evangile du Christ aux croyants et à l'humanité, et de semer la possibilité d'une vie heureuse pour tous », a conclu Mgr Ortiga.