Pour dépasser la tradition clanique et favoriser la réconciliation

Intervention de Mgr Tonyé Bakot

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ROME, Mardi 6 octobre 2009 (ZENIT.org) - Une catéchèse appropriée pourrait permettre de dépasser « la tradition clanique » et de redécouvrir la fraternité entre chrétiens, déclare Mgr Simon-Victor Tonyé Bakot, archevêque de Yaoundé, président de la conférence des évêques du Cameroun, qui a accueilli le pape dans son pays en mars dernier.

Lors de son intervention au synode, ce 6 octobre au matin, l'archevêque a cité les bantou du Sud-Cameroun qui « attachent une importance particulière à la vie en communauté ».

« On peut en être coupé suite à une faute grave et chercher à retrouver la communion avec tous. C'est le sens du pardon donné ou reçu selon qu'on a été offensé ou coupable d'une faute », a fait observer Mgr Bakot.

Il signale qu'on y arrive « par un rituel dont les étapes essentielles sont les suivantes: la tenue de la palabre, la confession publique, les paroles rituelles d'octroi de pardon, la réconciliation et le repas communautaire ». C'est ce que nous appelons « culture de la paix et de la réconciliation », a ajouté l'archevêque : « le groupe clanique sait la rétablir chaque fois que la communauté se trouve en déséquilibre ».

Il a souligné que pour les chrétiens, l'eucharistie, « source et sommet de la vie chrétienne », « promeut la paix et la réconciliation, mais n'a pas encore atteint la même capacité de conversion entre les chrétiens qui y participent puisque le baiser de paix offert pendant la messe révèle des discordances assez nettes entre les fidèles ». Il déplore : « On peut même tourner le dos à celui qui vous offre la paix ».

C'est pourquoi l'archevêque de Yaoundé estime qu'une « bonne catéchèse appropriée est à entreprendre par les pasteurs pour faire saisir à tous qu'étant devenus frères et soeurs de sang, puisque le même sang du Christ pris en communion coule dans nos veines, nous devrions comprendre que ce sang nous purifie de toutes nos souillures et devrait parler plus fort que la tradition clanique ». Il indique un chemin : « Hélas, ce n'est pas encore le cas. Il faudrait y tendre de plus en plus ».