Pour des pasteurs fidèles à l'Evangile, pas à la mode

Le card. Bertone à des nouveaux évêques

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Salvatore Cernuzio

Traduction Océane Le Gall

ROME, vendredi 14 septembre 2012 (ZENIT.org) – Le Saint-Siège appelle les nouveaux évêques  à être des pasteurs « vrais, clairs et fermes », à ne pas avoir peur d’être critiqués parce que leurs positions n'itraient pas dans le sens de la mode!.

C’est l’invitation du cardinal Tarcisio Bertone, Secrétaire d’Etat du Saint-Siège, aux évêques nommés de cette année, durant la messe célébrée mercredi dernier, 12 septembre, à Rome, à l’université pontificale Regina Apostolorum.

« Un chrétien, a fortiori s’il est prêtre et s’il est un évêque, ne doit pas se conformer au monde par peur d’être critiqué ou par désir que tout le monde disent du bien de lui », a déclaré le cardinal Bertone, résumant en une phrase le message décisif qu’il a voulu faire passer aux jeunes évêques – réunis pour participer au Congrès organisé par la Congrégation pour les évêques -  concernant le ministère qu’ils sont appelés à exercer.  

Partant du passage de l’Evangile de Luc sur les Béatitudes proposé dans la liturgie du jour

 (Lc 6, 26), le cardinal a  souligné: « Si les gens nous critiquent parce que nous ne vivons pas fidèlement notre vocation et notre mission, nous devons certainement faire un examen de conscience et changer ».

« Mais si nous sommes critiqués parce que nous ne suivons pas les critères du monde et les modes du moment, nous devons rester calmes et fermes dans notre fidélité à l’Evangile et à l’enseignement authentique de l’Eglise », a-t-il ajouté, ainsi « le bonheur promis par le Seigneur sera en nous dès à présent ».

Le secrétaire d’Etat a ensuite commenté la Lettre aux corinthiens où saint Paul intervient « sur les affaires des chrétiens de Corinthe  pour indiquer les principes et critères qui doivent les inspirer ». Parmi les différentes questions soumises à l’apôtre, il y en a qui concernent le mariage et les choix du mode de vie à suivre selon les catégories de personnes ». 

« Au contexte de la Lettre, a expliqué le cardinal Bertone, on comprend qu’à Corinthe un groupe de chrétiens est partisan d’une attitude intransigeante absolue au plan conjugal », au motif que le « mariage est peu avantageux pour les baptisés ».

La volonté de saint Paul est donc « d’aider les chrétiens à choisir un mode de vie qui s’inspire de la vraie liberté évangélique, qui a ses fondements dans sa relation avec le Seigneur ».

Et il le fait en commençant par éliminer « les préjugés dérivant des peurs et distorsions environnementale, affirmant qu’aucun état de vie, mariage ou virginité, n’est en soi salvifique. Car le Seigneur seul a le pouvoir de sauver. Donc ce qui compte c’est la fidélité vis à vis de Dieu, à vivre en toute condition », a précisé le secrétaire d’Etat.

Des indications du saint de Tarse se dégagent donc trois principes fondamentaux qui, précise-t-il, deviennent ensuite « des critères pour un choix conscient et responsable ».

Le premier « est celui du don ou charisme que chacun reçoit du seigneur ». « Une personne, a expliqué le cardinal, peut se marier si elle a reçu le don spirituel correspondant, et elle peut faire un choix virginal si elle reçoit cet autre don ».

« Le deuxième principe, a-t-il poursuivi, est celui de l’appel de Dieu. On comprend à partir de là que la question n’est pas de nous inventer, mais de répondre à ce que nous sommes par initiative et volonté divine ». Enfin, le troisième « est celui de la foi en Jésus-Christ ressuscité ».

Cela dit, pour le secrétaire d’Etat, il ne s’agit pas de « sous-évaluer le présent et les valeurs terrestres, mais de placer le présent  et chaque réalité humaine dans une perspective d’éternité ».  

« Nos tristesses et nos joies, chaque expérience et situation que nous vivons sont comme redimensionnée, a-il dit, en ce sens qu’elles sont attirées dans une nouvelle dimension, par un pôle d’une force unique, qui éclaire et transfigure tout » : le mystère pascal de Jésus-Christ.

Nous avons là, a-t-il commenté, « une forte invitation à vivre dans l’espérance et à communiquer, en tant qu’évêques, au peuple chrétien ». Et dans ce parcours de fidélité au Christ et à son évangile, la sainte Vierge est « notre modèle » dont nous pouvons savourer « la force et la faiblesse ».

Ceci revient à mettre le ministère sacerdotal et épiscopal  « à l’intérieur de l’obéissance mariale », ou plutôt de « l’obéissance de la foi, au moyen duquel nous faisons passer la propriété de nous-mêmes, de nous-mêmes au Christ dans le service généreux et fidèle de son Eglise ».

Donc un message d’espérance, en plus d’une invitation, aux nouveaux pasteurs à ne pas se démonter face aux difficultés qu’ils peuvent rencontrer tout au long de leur ministère.