Pour la reconnaissance de la contribution des femmes à la société

Par le P. Frédéric Fornos, jésuite

| 1803 clics

ROME, mercredi 29 février 2012 (ZENIT.org) – En ce mois de mars 2012, Benoît XVI invite les catholiques à prier « pour que la contribution des femmes au développement de la société soit pleinement reconnue dans le monde entier » : c’est son «intention de prière universelle ».  L’Apostolat de la Prière est le service officiel des intentions de prière du pape. Le Père Frédéric Fornos, sj, qui en est le directeur national pour la France, et le coordinateur européen, commente cette intention pour les lecteurs de ZENIT.

Elles sont aussi à l’œuvre dans le monde !

Comment reconnaître tout ce qu’apportent les femmes à l’ensemble de la société ?! Bien-sûr dans la vie de famille, mais aussi dans la science et les arts, la médecine et l’enseignement, ou la politique. Dans l’Eglise aussi les femmes apportent une inestimable action au service de la mission du Christ.

Dès le départ Jésus a accueilli des femmes comme disciples, ce qui était nouveau dans la société de l’époque. Marie, la mère de Jésus, a eu une place majeure auprès des Apôtres et de la communauté primitive comme en attestent les évangiles. C’est à une femme, Marie de Magdala, que Jésus confie la mission d’annoncer sa résurrection à ses frères. L’Apôtre Paul dit : « Il n’y a ni Juif, ni Grec ; il n'y a ni esclave ni homme libre ; il n'y a ni masculin ni féminin ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Lettre de saint Paul aux Galates chap. 3, v. 27-28). Tout au long de l’histoire les femmes ont apporté un réel dynamisme spirituel : Thérèse d’Avila, Catherine de Sienne, Thérèse de Lisieux, reconnues « docteurs de l’Eglises », et d’innombrables saintes.

L’Eglise nous demande de prier pour la reconnaissance de la contribution des femmes. Elle y travaille. Elle se bat dans de nombreux pays pour leur dignité et leurs droits. Elle veut faire valoir l’œuvre des femmes pour la famille,  l’éducation, la vie associative, les soins aux enfants, aux parents âgés, domaines moins valorisés qu’une activité professionnelle … lucrative. L’Eglise souhaite tout autant leur présence dans le monde du travail, politique, à des postes de responsabilité.

Jean-Paul II a admiré les femmes « qui se sont consacrées à la défense de la dignité de la condition féminine » (Lettre aux femmes , 1995, n°6). Il pensait qu’une société où elles peuvent honorer toutes les dimensions de leur être est une société qui « allait bien ». Pour lui, les femmes peuvent contribuer « à manifester les contradictions d’une société organisée sur les seuls critères de l’efficacité et de la productivité » et obliger « à redéfinir les systèmes, au bénéfice des processus d’humanisation qui caractérisent la ‘civilisation de l’amour’ » (Ibid., n°4).

Puisque l’Eglise nous appelle ce mois-ci à prier « pour la reconnaissance de la contribution des femmes », commençons par reconnaître leur place en son propre sein. Première évidence : sans la participation active des femmes, la communauté chrétienne, si elle était une entreprise, serait en faillite. Comment vivre la complémentarité, sans faire de la tradition un rempart qui nous empêche d’avancer ? Quels ministères reconnus pour les laïcs, et particulièrement pour les femmes, peuvent être promus ? Comment avancer ensemble sans projeter les uns sur les autres nos peurs et vivre d’une réelle liberté intérieure ?

Prions ce mois-ci pour la reconnaissance de la contribution des femmes à la société, partout dans le monde, mais n’oublions pas de demander au Seigneur d’éclairer son Eglise, dans la docilité à l’Esprit Saint, pour trouver de nouveaux chemins pour aujourd’hui.

 Père Frédéric, jésuite

Pour aller plus loin le site francophone, PRIER AU CŒUR DU MONDE, www.apostolat-priere.org – (magazine internet gratuit) – donne chair aux intentions de prière.