Pour la sécurité et la paix des Irakiens, prière du pape François

L'avenir, c'est la réconciliation

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 480 clics

Le pape François prie et fait prier pour toute la population irakienne, son unité et sa réconciliation : « Je souhaite pour toute la population la sécurité et la paix, et un avenir de réconciliation et de justice. »

« C’est avec une vive préoccupation que je suis les événements de ces derniers jours en Irak », a confié le pape, après l’angélus de ce dimanche, place Saint-Pierre.

Il a lancé cet appel à l’unité du pays : « Je souhaite pour toute la population la sécurité et la paix, et un avenir de réconciliation et de justice où tous les Irakiens, quelle que soit leur appartenance religieuse puissent construire leur patrie ensemble, en en faisant un modèle de cohabitation. »

Il a invité immédiatement les dizaines de milliers de personnes présentes à prier avec lui pour tout le pays et pour les nombreux chrétiens en difficulté : « Je vous invite tous à vous unir à ma prière pour la chère nation irakienne, surtout pour les victimes et pour qui souffre davantage de l’accroissement de la violence en particulier pour les nombreuses personnes, dont tant de chrétiens, qui ont dû quitter leur maison : Ave Maria… »

Le pays est en proie à la confusion et à la violence, après 6 jours d’offensive djihadiste vers Bagdad, marquée par la prise de Mossoul, deuxième ville du pays, au début de la semaine écoulée.

Une avancée qui a fait des centaines de victimes et un millier de blessés selon le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, Rupert Colville. Il a fait état, le 13 juin, d'exécutions sommaires de soldats de l'armée irakienne et de dizaines de civils, et de 4 femmes qui se sont suicidées après avoir été violées. La libération de centaines de prisonniers susceptibles de chercher à se venger accroît le climat de terreur.

Mme Navanethem Pillay, Haut-Commissaire, a mis en garde contre l’« extrême vulnérabilité » des civils pris entre deux feux, ciblés par des attaques ou bloqués dans les zones sous le contrôle des djihadistes.

Pour l'ex-médiateur de l'ONU, Lakhdar Brahimi, les djihadistes ont mis à profit « l'inertie » de la communauté internationale en Syrie. Et ils ont reçu des armes pour leur lutte contre le régime de Assad. Ils visent à créer un Etat islamique transfrontalier, d’où leur nom : l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL).

Selon l'Organisation internationale pour les migrations, 500 000 habitants de Mossoul ont fui la ville, 40 000  autres ont quitté les villes de Tikrit et Samarra.

Les djihadistes contrôlent également, selon les agences internationales, la province de Ninive, dans le nord du pays, Tikrit, d'autres régions de la province de Salaheddine, et des secteurs des provinces de Diyala, dans l’est, et de Kirkouk, au nord. Mais les forces kurdes ont pris le contrôle de cetet ville. Falloujah, à 70 km à l’ouest de Bagdad, est sous contrôle djihadiste depuis le 4 janvier dernier.

Un centre recrutant des civils, pour résister à leur avancée sur Bagdad, a été bombardé, à Khalis, près de Bakouba, à 50 km au nord-est de la capitale, ce dimanche, 15 juin, faisant six victimes, dont 3 soldats, selon l’ANSA.