Pour le rabbin Rosen, rencontrer le pape, c'est comme une réunion de famille

"Nous sommes venus voir quelqu'un qui nous voit comme des amis"

Rome, (Zenit.org) Junno Arocho Esteves | 508 clics

« Voir le pape, c'était comme une réunion de famille » : c'est ainsi que le rabbin David Rosen, directeur interreligieux du Comité juif américain (American Jewish Committee, AJC), évoque sa rencontre avec le pape François, hier, 13 février 2014.

Le rabbin Rosen, le P. Federico Lombardi, SJ, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, et le P. Norbert J. Hofmann, secrétaire de la Commission pontificale pour les rapports religieux avec le judaïsme, ont participé à une conférence de presse après l'événement.

Pour le rabbin Rosen « bien que Jean XXIII, Jean-Paul II et Benoît XVI aient chacun mené les relations judéo-chrétiennes à de nouveaux sommets », jamais un pape « n'a eu autant d'intimité, autant d'amitié personnelle, autant d'engagement avec la communauté juive que le pape François ».

D'ailleurs, estime-t-il, l'aspect « le plus important » de la rencontre « n'est pas ce qui a été dit » mais « ce qui a été vécu et ressenti » grâce à « l'incroyable charisme » du pape.

« Cela a une signification particulière en terme de relation entre juifs et catholiques, parce que nous sommes venus voir quelqu'un qui nous voit comme des amis. Et donc, en un sens, c'était une sorte de réunion de famille. Nous avions le sentiment que c'était une réunion de famille particulière », confie-t-il.

Le rabbin a pris la défense de l’Église catholique : « Aujourd'hui, l'enseignement officiel de l’Église n'est pas seulement catégoriquement opposé à l'antisémitisme, mais il l'a défini comme un péché contre Dieu et l'homme. Le problème du rejet des juifs n'est pas du fait de l'enseignement de l’Église catholique ».

Évoquant enfin la prochaine visite du pape en Terre Sainte (24-26 mai 2014), le rabbin Rosen a assuré que « tout le monde est enthousiaste ! » : « même court, ce voyage est un succès garanti. Il sera reçu à merveille et laissera un grand espoir pour l'avenir... et c'est ce qu'il faut pour le Moyen-Orient ».

« La visite du pape François sera une source d'inspiration pour les gens de la Terre Sainte », a-t-il conclu.

Après l'audience avec le pape, le Comité a rencontré Mgr Pietro Parolin, Secrétaire d'État du Vatican et le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens.

Le rabbin Rosen avait déjà rencontré le pape François, peu de jours après son élection, en mars dernier (cf. Zenit du 20 mars 2013). 

Traduction d'Anne Kurian