Pour Mgr Bertin, « la Somalie a besoin dun vrai leadership »

Déclaration de lAdministrateur apostolique de Mogadiscio

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ROME, jeudi 13 octobre 2011 (ZENIT.org) – « Tout ce qui a été fait jusqu’à maintenant ne suffit pas. La Somalie a besoin d’un vrai leadership », a réaffirmé Mgr Giorgio Bertin,  évêque de Djibouti et administrateur apostolique à Mogadiscio, la capitale somalienne, lors de son séjour en Italie.

Commentant la nouvelle de l’explosion d’un camion piégé à Mogadiscio, qui a fait 65 morts mercredi dernier et a été revendiqué par le groupe armé islamiste al-Shabab, Mgr Bertin a précisé, au micro de l’association Aide à l’Église en Détresse (AED) Italie, que tout le territoire qui s’étend de la capitale jusqu’au sud est aux mains de cette milice qui, depuis 2007, combat pour reprendre le pouvoir sur le pays, empêchant l’arrivée des aides pour « punir » la résistance de cette zone à la pénétration du fondamentalisme islamique.

« Je suis peiné mais pas étonné par la nouvelle », a déclaré l’évêque. « Cet attentat est la démonstration de la fragilité institutionnelle du gouvernement de transition et de la tendance de ce groupe armé à frapper son peuple ».

Mgr Bertin connaît bien la situation de danger qui prévaut à Mogadiscio pour l’avoir vécue : il y a 4 ans, à la suite du meurtre d’une religieuse missionnaire de La Consolata, Sr Leonella, il avait dû quitter le pays et aller s’installer à Djibouti. « Sans un point d’appui sûr, il est inutile de rester », a-t-il commenté ajoutant : « Je dirais même que, paradoxalement, ma présence serait un risque pour les fidèles ».

Mgr Bertin craint en effet que la communauté islamique locale puisse interpréter son retour comme un geste provocateur et se venger sur la petite poignée de catholiques encore sur place (à peine une centaine).

Enfin, Mgr Bertin a eu une pensée pour les centaines de milliers de Somaliens de la diaspora pour lesquels, a-t-il dit, « nous devons multiplier les efforts, rassembler ces forces vives et capables qui sont encore dispersées et désunies » : « c’est un travail long mais absolument nécessaire », a-t-il conclu.