Pour Mgr Piacenza, le pape vit profondément la souffrance de l’Eglise

Interview à L’Osservatore Romano

| 1511 clics

ROME, Mercredi 19 mai 2010 (ZENIT.org) - En évoquant la souffrance de l'Eglise à son départ pour le Portugal, Benoît XVI a montré qu'il la vivait de manière très profonde, a affirmé Mgr Mauro Piacenza, secrétaire de la Congrégation pour le clergé.

Dans un entretien accordé à L'Osservatore Romano, le 19 mai, le haut prélat a dressé un premier bilan de l'année sacerdotale qui se conclura par une grande rencontre de trois jours (9-11 juin) à Rome. Près de 7000 prêtres s'y sont déjà inscrits.

En lançant cette année sacerdotale, le pape a indiqué « la voie à chaque prêtre, rappelant les valeurs essentielles du sacrement de l'ordre à un moment où la sainteté se montre avec évidence comme la seule possibilité de renouvellement pour l'Eglise et pour le monde », affirme Mgr Piacenza.

Dans cette interview, il rappelle que l'Eglise est « corps vivant » qui vit des « tensions dynamiques qui permettent la vie et le mouvement, et des tensions pathologiques, qui peuvent freiner voire paralyser ».

« Les tensions (...) se sont toujours résolues quand l'Eglise s'est mise en harmonie avec l'Esprit », explique-t-il. « Même les nombreuses tensions modernes qui font tant souffrir les personnes de bonne volonté peuvent s'harmoniser dans l'unité de la foi et dans l'amour du Seigneur ».

Il évoque aussi l'intervention de Benoît XVI au Portugal sur les souffrances de l'Eglise, y voyant un « fait exceptionnel » qui l'a « profondément touché ». « En parlant de la souffrance de l'Eglise, le pape a montré qu'il la sentait, qu'il la vivait très profondément ».

« Dans l'Eglise, les souffrances les plus graves viennent de l'intérieur, c'est vrai », acquiesce-t-il. « Elles viennent de la trahison de ceux qui sont les plus proches, de ceux qui sont nos amis, voire même nos frères. Et cela fait beaucoup plus souffrir ».

Car si l'Eglise est habituée « à se défendre d'attaques extérieures », « les persécutions qui naissent » en son sein « sont certainement les plus dures à accepter ». « Elles peuvent naître au sein de chaque famille quand le père, la mère ou l'enfant trahissent l'amour et la confiance des autres membres ».

Evoquant enfin la question du célibat, Mgr Piacenza rappelle que « le Christ est resté toute sa vie dans un état de virginité, signifiant son dévouement total au service de Dieu et des hommes ». « Le Fils de Dieu a pris un corps humain et il s'est totalement remis au Père, lui donnant l'amour total et exclusif de son propre cœur ».

« La virginité n'est pas un ajout à l'existence terrestre du Christ, mais elle appartient à son essence même », conclut le secrétaire de la Congrégation pour le clergé. « Le Christ est la virginité même et il en est donc le modèle ».