Pour ne pas perdre la foi, il faut prier

Homélie du matin, 17 octobre 2013

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 2001 clics

Il faut prier pour "ne pas perdre la foi", a expliqué le pape François lors de la messe qu’il a célébrée ce matin, 17 octobre 2013, en la chapelle de la Maison Sainte-Marthe du Vatican: « ceux qui ne prient pas, abandonnent la foi et la transforment en idéologie moraliste, sans Jésus ». Mais prier, ce n'est pas "réciter des prières".

Un tweet posté par le pape sur son compte @Pontifex_fr confirme l'importance qu'il attache à la prière personnelle quotidienne de tous les baptisés: "Notre prière ne peut se réduire à une heure, le dimanche ; il est important d’avoir une relation quotidienne avec le Seigneur."

Lors de la messe, le pape a commenté l’Evangile du jour, où Jésus dit « Malheureux êtes-vous, docteurs de la Loi, parce que vous avez enlevé la clé de la connaissance » (Luc 11, 47-54), indique Radio Vatican.

« L’image de la fermeture, l’image de ces chrétiens qui ont la clé à la main mais qui l’emportent, sans ouvrir la porte » manifeste « l’absence de témoignage chrétien ».

Comment un chrétien « tombe-t-il dans ce type de comportement qui consiste à mettre la clé dans sa poche et à laisser la porte fermée ? » : c'est ce qui arrive au chrétien « qui ne prie pas ».

« Sans la prière, tu fermes toujours la porte… La clé qui ouvre la porte à la foi c'est la prière ». Le chrétien qui ne prie pas donne un témoignage « orgueilleux, hautain, sûr de lui. Il n’est pas humble. Il cherche sa propre promotion ».

En revanche, « lorsqu’un chrétien prie, il ne s’éloigne pas de la foi, il parle avec Jésus ». Mais prier, ce n’est pas « dire des prières ». « Une chose est de prier, ajoute encore le pape, et une autre de dire des prières », comme le dit Jésus « Quand tu pries, va dans ta chambre et prie le Père dans le secret, dans un cœur à cœur ».

Le pape a mis en garde : ceux qui « ne prient pas, abandonnent la foi et la transforment en idéologie moraliste, sans Jésus » : « La foi, pour ainsi dire, est devenue une idéologie. Et l’idéologie ne rassemble pas. Jésus n’est pas présent dans les idéologies : sa tendresse, son amour, sa douceur. Les idéologies sont rigides, toujours. »

« Quand un chrétien devient disciple d’une idéologie, il a perdu la foi : il n’est plus un disciple de Jésus, il est devenu le disciple de cette manière de penser. La connaissance de Jésus est transformée en une connaissance idéologique et même moraliste, qui ferme la porte avec toutes ses prescriptions ».

« La foi devient une idéologie et l’idéologie fait peur, l’idéologie chasse les gens, éloigne, éloigne les personnes et éloigne l’Église des personnes », a insisté le pape, pour qui « c’est une maladie grave d’être un chrétien idéologue », « sans bonté ». 

Le pape a aussi évoqué la fermeture des églises: « une église fermée, ce n’est pas concevable » car « les gens qui passent devant ne peuvent pas entrer » et « le Seigneur, qui est à l’intérieur, ne peut pas sortir ».

Pour conclure, il a invité, à la manière de saint Ignace, à  « demander la grâce de ne pas arrêter de prier, pour ne pas perdre la foi, de rester humbles. Et comme cela, nous ne nous fermerons pas, nous ne fermerons pas la route au Seigneur ».

Avec Hélène Ginabat pour la traduction