Pour une formation éthique du personnel des hôpitaux

Conseil pontifical pour la pastorale de la santé: 27e congrès au Vatican

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Anne Kurian

ROME, mardi 13 novembre 2012 (ZENIT.org) – « L’hôpital est un lieu d’attention à la personne malade, qui doit être au centre de toutes les actions qui s’y déroulent », rappelle le dicastère pour la pastorale de la santé, à la veille de son Congrès international au Vatican. Il invite le personnel impliqué dans le domaine médical à se former en éthique. 

Le dicastère annonce également pour l’occasion une mise à jour de sa « Charte des personnels de la santé » et un livret destiné aux malades et à ceux qui les entourent.

Le 27e Congrès international du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, aura en effet lieu du 15 au 17 novembre 2012, sur le thème: "L’hôpital, lieu d’évangélisation : mission humaine et spirituelle", choisi par Benoît XVI (cf. Zenit du 9 novembre 2012).

Le congrès a été présenté ce matin, 13 novembre, au Vatican, par Mgr Zygmunt Zimowski, président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, Mgr Jean-Marie Mupendawatu, secrétaire du dicastère, le P. Augusto Chendi, M.I., sous-secrétaire, le Prof. Vincenzo M. Saraceni, président de l’Association des médecins catholiques italiens et le Prof. Giuseppe Profiti, président de l’hôpital pédiatrique de l’Enfant Jésus à Rome.

Plus de 600 personnes de plus de 60 pays des 5 continents sont attendues pour cette rencontre, qui sera ouverte par une messe présidée par le cardinal Secrétaire d’Etat Tarcisio Bertone en la basilique Saint-Pierre.

Parmi les intervenants au congrès, citons le cardinal Angelo Comastri, archiprêtre de la basilique Saint-Pierre et Mgr Salvatore Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, ainsi que M. Renato Balduzzi, ministre italien de la santé, et M. Enrico Garaci, président de l’Institut supérieur de la santé.

Samedi 17 novembre, Benoît XVI rencontrera les participants, ainsi que ceux du XXVe Congrès de l’Association des médecins catholiques italiens et de la fédération européens des associations médicales catholiques sur le thème "Bioéthique et Europe chrétienne", organisé le même jour.

Au centre de l’hôpital : la personne malade

Pour Mgr Jean-Marie Mupendawatu, « l’hôpital n’est pas un lieu composé de secteurs et services mais un lieu d’attention à la personne malade, qui doit être au centre de toutes les actions qui s’y déroulent ».

Aujourd’hui, la "culture de la santé" recouvre « un ensemble toujours plus vaste de problèmes autant individuels que sociaux », a-t-il analysé : ainsi, les choix des responsables médicaux « impliquent des orientations culturelles qui font immédiatement référence soit aux principes d’éthique générale soit d’éthique particulière ».

L’archevêque a donc mis en garde : « sans une culture de la santé qui découle d’une vision éthique de l’homme et donc d’une culture de la vie, elle ne peut pas être au vrai service de l’homme, de sa personne et de sa dignité ».

Il a constaté en ce sens que s’il manque « l’indispensable orientation éthique », des « situations aberrantes » voient le jour. Dans ce contexte, il a encouragé le personnel médical qui s’inspire de la foi et de la morale chrétienne à entreprendre une formation éthique en parallèle à leur préparation professionnelle, afin que leurs « convictions éthiques » se transforment en « témoignage clair et cohérent ».

En effet, a-t-il estimé, tous ceux qui sont engagés dans le domaine médical doivent associer en permanence « médecine et-morale, éthique et science » car l’« expert en éthique ne peut pas être une personne ou une institution qui du haut d’une cathèdre regarde avec suspicion et méfiance le nécessaire progrès de la science et de la technique en se contentant de formuler des sentences abstraites ».  

Des outils pratiques

Le congrès mettra l’accent sur les questions concernant « le respect et la promotion de la dignité humaine due à la personne malade », a précisé le P. Augusto Chendi, qui voit dans l’hôpital un « lieu privilégié » d’expression de la foi, soit pour « annoncer la Bonne nouvelle », soit pour « imiter pleinement le Bon samaritain ».  

Le P. Chendi a également informé de l’achèvement de la mise à jour de la « Charte des personnels de la santé », publiée en 1995, afin d’y inclure de nouvelles précisions face aux avancées de la science et aux questions actuelles.

Le congrès, a-t-il ajouté, sera aussi l’occasion de préparer la XXIe journée mondiale du malade, qui sera fêtée le 11 février 2013, au sanctuaire marial de Altötting en Allemagne sur le thème du Bon Samaritain «Va et toi aussi fais de même» (Lc 10, 37) (cf. Zenit du 17 juillet 2012).

Enfin, le P. Chendi a annoncé que son dicastère publiait un outil pratique en français, anglais, allemand, espagnol, portugais, polonais, en vue de la journée mondiale du malade. Le livret est divisé en trois périodes (Avent-Noël, Journée mondiale du malade, Carême-Pâques) et propose notamment un chemin de croix, des points de réflexion théologique, des approfondissements, des prières, destinés aux malades, au personnel médical, aux agents pastoraux, aux familles, aux paroisses et aux volontaires, afin qu’ils « rendent témoignage d’une foi qui malgré la douleur est source d’évangélisation et d’espérance ».

Les graves défis actuels

Mgr Zygmunt Zimowski a estimé de son côté que les hôpitaux étaient des lieux d’expression profonde de « l’Apostolat de la Miséricorde » et du mandat du Christ "Allez, enseignez et guérissez les malades" (Mt 10,6-8), comme il l’avait déjà souligné lors de son intervention au synode des évêques en octobre (cf. Zenit du 19 octobre 2012)

L’archevêque s’est arrêté entre autres sur les défis propres aux pays en matière de santé : dans les pays industrialisés, a-t-il expliqué, « outre la grave conjoncture économico-financière », les services de santé doivent « affronter de graves défis pour la sauvegarde de l’identité des structures de santé catholiques » sans écarter les principes fondamentaux du « respect absolu de la vie, de son commencement à sa fin naturelle », de « l’humanisation des soins, dans le plein respect de la personne malade », etc.

En revanche, a-t-il poursuivi, dans les pays plus pauvres, il s’agit d’une « grave carence d’accès aux soins de base », au risque de la vie même des personnes, à cause du « manque d’argent, manque d’instruments de diagnostic… ».

Pourtant, a-t-il fait remarquer un élément est commun à tous ces pays : c’est « la relation patient-personnel médical » et, dans l’Eglise, « la nécessaire adhésion à ses principes et enseignements ».