Pourquoi l’information sur l’Eglise catholique est-elle souvent déformée ?

Réponse du professeur Diego Contreras

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CITE DU VATICAN, Jeudi 3 mars 2005 (ZENIT.org) – L'information sur l'Eglise catholique est fréquemment déformée à cause de la tendance à « privilégier les réactions par rapport à ce qui se dit ».



C’est ce qu’explique Diego Contreras, professeur d’analyse et de pratique de l’information à la Faculté de communication de l’Université pontificale de la Sainte Croix, à Rome, dans une conférence donnée à l’Assemblée des délégués des moyens de communication qui s’est tenue le 14 février à Madrid.

Selon Diego Contreras il existe une tendance « à informer sur les échos et les réponses que suscitent les déclarations de la hiérarchie catholique, en oubliant le contenu original de la déclaration ».

Dans cette déformation, « on privilégie les réactions par rapport à ce qui se dit ; il suffit d’entendre de quoi on parle pour réagir, en lançant les stéréotypes et en laissant de côté le contenu ». Cette déformation se note aussi chez les fidèles qui croient parfois davantage aux médias qu’aux acteurs de l’information.

Une autre déformation dans l’information religieuse, constate le professeur espagnol, est « la présentation de données sûres dans des interprétations vraisemblables mais fausses ».

Un troisième mécanisme est « l’utilisation de formes de styles visant à donner l’impression que le texte se base sur des informations recherchées par le journaliste ». Par exemple derrière l’expression « selon des sources ecclésiastiques », « on entrevoit le journaliste lui-même qui sent le besoin de faire dire à d’autres ce qu’il pense », déclare Diego Contreras.

« Il semble parfois qu’il soit intéressant de présenter le monde ecclésiastique comme un monde opaque, impénétrable et peu transparent » pour justifier l’utilisation de sources « peu autorisées », a ajouté le vice-doyen de la Faculté de Communication institutionnelle de l’Université pontificale de la Sainte-Croix.

Les problèmes concernant l’information religieuse ne dépendent toutefois pas uniquement des journalistes, mais aussi de « l’émetteur », c’est-à-dire des institutions ecclésiales, affirme le professeur espagnol. « Il faut parfois replacer l’échec à l’origine. Il n’est pas toujours dû à une maladresse excessive. Il existe des difficultés objectives », explique-t-il.

De nombreuses informations devraient être traitées par un lecteur « possédant une formation théologique ». Le défi est de savoir comment offrir « au grand public » l’accès « à des réalités complexes ».

Diego Contreras constate que parfois les fidèles reçoivent « la première et unique information de ces déclarations à travers les moyens de communication » et estime qu’il serait utile, au moins dans la présentation aux médias, de « passer du discours institutionnel, sec et affirmatif à un type discursif caractéristique de la nouvelle ».

« La religion n’est pas un domaine technique spécialisé mais une dimension fondamentale de l’homme », a ajouté Diego Contreras.

« Trouver l’équilibre dans l’évaluation de ce qui est important et de ce qui est intéressant implique un effort de créativité expressive qui n’est pas à la portée de tous », a reconnu le professeur.

« Les maux qui affectent l’information religieuse sont les maux du journalisme et c’est dans la qualité professionnelle qu’il faut chercher la solution », a-t-il déclaré.

Diego Contreras est l’auteur du livre « La Iglesia Católica en la prensa » (Ed. Eunsa, collection Astrolabio Comunicación, Navarra), (L’Eglise catholique dans la presse) dans lequel il montre que « lorsque l’on informe sur l’Eglise catholique on démontre que celui qui est honnête est un bon professionnel ».

Contreras estime que « celui qui attaque injustement l’Eglise le fait pour des raisons idéologiques et non professionnelles ».