Prédication de Carême: Contempler le visage du Christ

"L´Homme auquel tous les autres doivent ressembler"

| 419 clics

CITE DU VATICAN, Vendredi 1er mars 2002 (ZENIT.org) - Lors de la première prédication de carême, le P. Cantalamessa a invité à contempler le visage du Christ vrai homme, non comme celui "qui ressemble à tous les autres" mais comme "l´Homme auquel tous les autres doivent ressembler".



La première prédication des vendredis de carême du Vatican a été donnée ce matin, premier vendredi du mois, par le prédicateur de a Maison pontificale, le P. Raniero Cantalamessa, Capucin, à 9 heures, en la chapelle Redemptoris Mater, en présence du pape Jean-Paul II. Le thème des quatre méditations de carême sera tiré de Novo millennio ineunte (III): "Repartir du Christ". Les trois autres prédications auront lieu les vendredi 8, 15 et 22 mars. Nous nous basons sur la synthèse de Radio Vatican.

"Le visage est la partie la plus spirituelle du corps humain, expliquait le P. Cantalamessa, le lieu où se manifeste plus clairement l´intérieur de la personne avec ses sentiments. Appliqué à Dieu, qui est invisible, le visage indique la présence vivante de YHWH, avec tout ce qu´elle produit de sécurité, lumière et béatitude. Le visage est le regard de Dieu qui comme un soleil diffuse la lumière à l´intérieur".

Avec le Christ, continuait en substance le prédicateur, une nouveauté fondamentale est introduite: il ne s´agit plus d´un visage métaphorique, mais d´un visage réel, visible, un visage d´homme. C´est pourquoi l´invitation faite par Jean-Paul II dans sa lettre apostolique pour le IIIe millénaire est d´autant plus actuelle. Contrairement à ce qui s´est passé autrefois, expliquait le prédicateur, affirmer "la pleine humanité du Christ aujourd´hui est comme enfoncer une porte ouverte" puisqu´il y a une course générale pour lui reconnaître toutes les faiblesses humaines.

"Face à cette réalité nous devons lire le donné biblique avec un regard nouveau", autrement, le "dogme de la vraie humanité du Christ risque de produire, s´il n´est pas réinterprété, l´effet contraire à celui en vue duquel il a été établi. Les pages de l´Evangile, en effet, n´insistent pas tant sur l´affirmation que Jésus est un vrai homme, mais sur le fait qu´il est "l´homme nouveau", la parfaite image du Père.

"Il ne faut pas penser que, du fait qu´il a voulu partager nos faiblesses, (le Christ) participe aussi à nos fautes. Il a assumé la condition d´esclave, mais sans la contamination du péché, et ainsi il a enrichi l´homme, mais sans diminuer Dieu. Loin de déroger à la pleine humanité du Christ, l´exception du péché constitue le trait distinctif de sa vraie humanité, parce que le péché est la seule vraie "superstructure", l´unique ajout illégitime au projet divin sur l´homme".

"Dans cette perspective, le dogme du Christ vrai homme devient un mètre idéal de discernement pour l´homme d´aujourd´hui puisqu´il "n´est pas l´homme qui ressemble à tous les autres mais l´Homme auquel tous les autres doivent ressembler".

De là il devient évident, continue en substance le prédicateur, que l´homme diffère du projet originel, mais la contemplation du visage du Christ ne se limite pas à cela. Contemplant la Gloire du Seigneur, nous pouvons nous façonner à cette image. Le temps du carême est un temps propice pour accomplir sur nous mêmes cette oeuvre de restauration, un "travail" qui doit être accompli dans notre coeur, à l´intime de nous-mêmes. Ce saint voyage de conversion doit nous pousser à "ouvrir la porte au Christ, non pour le faire entrer, mais pour le faire sortir du lieu étroit dans lequel il a été confiné", de façon à ce qu´il puisse éclairer de sa grâce tous les aspects de notre vie".