Prédication de carême: La communion dans l´Eglise, reflet de la Trinité

Méditation du P. Cantalamessa

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CITE DU VATICAN, Lundi 2 avril 2001 (ZENIT.org) - "L´exemple concret de la communion est la Trinité", expliquait vendredi 30 mars, le prédicateur de la Maison pontificale, le P. Raniero Cantalamessa, Capucin, lors de sa troisième prédication de carême pour le pape et la curie, en la chapelle Redemptoris Mater. La "communion", disait-il, "fait de l´Eglise l´image et le reflet de la Trinité sur la terre".



Le prédicateur prenait appui sur la Lettre apostolique Tertio millennio ineunte pour souligner l´importance de la "communion" dans l´Eglise comme expression à la fois de l´unité et de l´égale dignité entre les fidèles du Christ, comme il l´expliquait lui-même au micro de Radio Vatican.

"Cet aspect d´égalité dans la mission et dans la dignité de tous les baptisés est devenu, après le Concile Vatican II, disait-il, et surtout après la page splendide de la lettre du pape, l´âme de l´institution, l´âme qui doit servir tout le reste de l´Eglise. Tout doit servir à construire la communion, au niveau de la pensée, de la foi, mais aussi sous l´aspect pratique, et surtout au niveau de l´amour et de la collaboration. Cette ´communion´ qui est ce qui fait de l´Eglise l´image et le reflet de la Trinité sur la terre".

Pour entrer dans cette communion, le P. Cantalamessa rappelait l´expression de Jean-Paul II: il faut "regarder vers la Trinité", et donc prier, contempler la Sainte Trinité où "chaque personne est pour l´autre": nul "égoïsme"! "Chacun est relation, chacun est parfaitement ouvert aux autres".

"Si nous nous souvenons, disait-il, si nous tenons compte du fait que Dieu a créé l´homme et la femme à son image justement afin qu´ils soient l´un pour l´autre, nous nous rendons compte des retombées extraordinaires que cette doctrine peut avoir au niveau de la famille, pour guérir et donner un fondement à l´amour du couple, de la communauté, et de toutes les formes de relation que l´homme peut avoir. C´est la réalisation du but même de notre existence: tenir le regard toujours tourné vers l´autre. Je citais ce matin la splendide fresque de Piero Della Francesca qui se trouve à Arezzo, et représente Adam et Eve à peine créés. Ils se regardent mutuellement, intensément, les yeux grands ouverts et stupéfaits. Ceci pour dire que l´homme se découvre lui-même au moment où il rencontre un regard tourné vers lui. C´est cela la communion, qui part de la Trinité et qui se réalise dans toutes ses formes humaines, depuis le couple jusqu´à l´humanité tout entière".

La "communion objective", expliquait encore le prédicateur, "n´est pas à faire, parce qu´elle est déjà faite: ce qui unit a déjà été donné par le Christ, c´est l´Esprit, c´est la grâce, les sacrements, les charismes. Cela, tous les baptisés l´ont en commun". Et d´expliquer: "L´Eucharistie que le pape reçoit est la même que celle que reçoit le tout fidèle dans l´Eglise. Cette communion dans les biens du salut constitue l´essence même de la communion. C´est pour cela que je disais que notre apport est un peu comme celui de la sculpture, c´est-à-dire d´enlever l´inutile, d´enlever les obstacles à la communion. Les obstacles, nous les connaissons bien: le principal est représenté par l´égoïsme. C´est justement l´égoïsme qui enferme en soi et qui fait obstacle à la communion".