Première messe de Benoît XVI : la « communion collégiale »

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ROME, Mercredi 20 avril 2005 (ZENIT.org) – le pape Benoît XVI évoque d’emblée la « communion collégiale » qui doit unir les cardinaux, les évêques, le pape.



La première messe du pape Benoît XVI a été retransmise en direct de la Chapelle Sixtine, ce mercredi à 9 heures à la télévision nationale italienne RAI Uno. Célébraient à ses côtés le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat de Jean-Paul II, et le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, jusqu’ici président du conseil pontifical pour la Famille.

Le pape Ratzinger a choisi comme bâton pastoral la croix d’argent de Paul VI, choisie ensuite par Jean-Paul Ier et par Jean-Paul II : le monde change, la croix demeure.

Le pape Ratzinger a célébré la messe en latin avec les 114 cardinaux électeurs au lieu même de son élection. Un autel avait été disposé spécialement dans la Sixtine.

Une élection rapide : quatre scrutins seulement : un lundi soir, deux mardi matin, et un mardi soir. Selon un cardinal allemand, le cardinal Joseph Ratzinger a été élu pape avec beaucoup plus que la majorité des deux tiers nécessaires. Il a été acclamé place Saint-Pierre dès qu’il a évoqué le « grand pape Jean-Paul II » et lorsqu’il s’est présenté comme « un simple et humble travailleur dans la vigne du Seigneur ».

Le pape a lu son homélie, en latin, langue dans laquelle la majorité des cardinaux ont fait leurs études, à la fin de la messe.

Il confiait d’abord ses sentiments, s’adressant non seulement aux personnes matériellement présentes, mais au monde entier : « Vénérés frères cardinaux, Chers frères et sœurs dans le Christ, Vous tous, hommes et femmes de bonne volonté ! ».

Ses premières paroles ont été ce vœu : « grâce et paix en abondance à vous tous ! »

C’est sur le ton très posé qui le caractérise que le pape a voulu dévoiler un peu des sentiments qui l’habitent en ce premier jour de pontificat : « En mon âme cohabitent en ces heures deux sentiments opposés. D’une part, un sentiment d’inadaptation et de trouble humain par rapport à la responsabilité qui m’a été confiée hier en tant que Successeur de l’apôtre Pierre sur ce Siège de Rome, à l’égard de l’Eglise universelle. D’autre part je ressens en moi une profonde gratitude envers Dieu qui, comme nous le fait chanter la liturgie, n’abandonne pas son troupeau mais le guide à travers les temps, sous la conduite de ceux qu’Il a lui-même élus vicaires de son Fils et constitués pasteurs (cf. Préface des Apôtres I) ».


Il confiait aussi sa « surprise » : « Me surprenant au-delà de toutes mes prévisions, la Providence divine, à travers le vote des vénérés pères cardinaux, m’a appelé à succéder à ce grand pape. Je repense en ces heures à ce qui se produisit dans la région de Césarée de Philippe, il y a environ deux mille ans. Il me semble entendre les paroles de Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », et la solennelle affirmation du Seigneur : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise… Je te donnerai les clés du Royaume des Cieux » (Mt 16, 15-19) ».

Le pape continuait ce « partage biblique » : « Tu es le Christ ! Tu es Pierre ! Il me semble revivre la même scène évangélique ; moi, successeur de Pierre, je répète avec anxiété les paroles vibrantes du pêcheur de Galilée et j’écoute à nouveau avec une profonde émotion la promesse rassurante du divin Maître. Si le poids de la responsabilité qui se déverse sur mes pauvres épaules est énorme, la puissance divine sur laquelle je peux compter est certainement démesurée : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise » (Mt 16, 18). En me choisissant comme Evêque de Rome, le Seigneur m’a voulu comme son Vicaire, il m’a voulu « pierre » sur laquelle tous peuvent s’appuyer en sécurité. Je Lui demande de suppléer à la pauvreté de mes forces, afin que je sois un courageux et fidèle Pasteur de son troupeau, toujours docile aux inspirations de son Esprit ».

« Je m’apprête à entamer ce ministère particulier, le ministère « pétrinien » au service de l’Eglise universelle, en m’abandonnant humblement entre les mains de la Providence de Dieu. C’est d’abord au Christ que je renouvelle mon adhésion totale et confiante : "In Te, Domine, speravi; non confundar in aeternum!". (« En toi, Seigneur, j’ai mis mon espérance, je ne serai pas confondu ») ».

Le pape Benoît XVI n’entend pas gouverner sans l’aide des cardinaux : « Avec une âme reconnaissante pour la confiance que vous m’avez témoignée, je vous demande, à vous, Messieurs les Cardinaux, de me soutenir par la prière et la collaboration constante, active et sage. Je demande aussi à tous mes frères dans l’épiscopat de m’accompagner par la prière et les conseils, afin que je puisse être vraiment le Servus servorum Dei ».

Il insiste sur cette dimension collégiale héritée des apôtres : « De même que Pierre et les autres apôtres constituèrent conformément au souhait du Seigneur, un unique collège apostolique, le successeur de Pierre et les évêques, successeurs des apôtres, - le Concile l’a répété avec force (cf. Lumen gentium, 22) -, doivent être étroitement unis entre eux ».

« Cette communion collégiale, certes dans la diversité des rôles et des fonctions du pontife romain et des évêques, est au service de l’Eglise et de l’unité dans la foi, de laquelle dépend largement l’efficacité de l’action évangélisatrice dans le monde contemporain, soulignait le pape. C’est sur ce chemin, sur lequel ont avancé mes vénérés prédécesseurs, que j’entends par conséquent moi aussi avancer, avec l’unique souci de proclamer au monde entier la présence vivante du Christ ».