Prendre la place de Dieu c’est faire obstacle à l’unité, déclare Mgr Sabbah

Le patriarche latin de Jérusalem s’adresse aux jeunes du Centre San Lorenzo, à Rome

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ROME, Mardi 22 janvier 2008 (ZENIT.org) - « Les diverses juridictions humaines sont le plus gros obstacle à l'unité des chrétiens », a dit le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, en s'adressant aux jeunes du Centre international San Lorenzo de Rome.

Au cours d'une messe célébrée au Centre, situé à deux pas de la Place Saint Pierre, le 18 janvier, le patriarche a déclaré que Jérusalem « où cohabitent 13 Eglises dont 6 catholiques, 5 orthodoxes et 2 protestantes » se mobilise en cette Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, « pour prier pour l'unité ».

« Tous les chrétiens doivent être unis dans le Christ », a souligné Mgr Sabbah.

Le problème de l'unité « concerne, il est vrai, la théologie et les dogmes », mais il est lié tout particulièrement aux « hommes et aux femmes qui prennent la place de Dieu », c'est-à-dire aux « diverses juridictions humaines », a-t-il expliqué.

Partant de la première lecture tirée du Premier livre de Samuel, Mgr Sabbah a déclaré : « Dans ce texte nous voyons que le peuple demande à Samuel de lui donner un roi. Avant la monarchie, le peuple était guidé par les juges qui maintenaient un lien entre Dieu et le peuple. Le sens de leur requête d'un roi est le suivant : ‘Nous ne voulons pas traiter avec Dieu mais avec les hommes' ».

Mgr Sabbah estime que face au problème de l'unité, il faut se poser la question suivante : « Traitons-nous avec Dieu ou avec les hommes ? Si nous sommes divisés, c'est parce que chacun s'organise à partir de lui-même, de sa politique, de son idéologie, de sa culture ».

« Grec ne veut pas dire Christ et romain ne veut pas dire Christ », a-t-il ajouté.

S'adressant aux jeunes, il a ajouté : « Il faut toujours revenir à ce principe : le chrétien ne traite qu'avec Dieu et s'il traite avec les hommes, c'est parce qu'il voit en eux l'image de Dieu. Si nous ignorons Dieu, si nous agissons en simples êtres humains avec nos sympathies et nos antipathies, alors il est inévitable qu'il y ait des divisions entre les chrétiens ».

Pour Mgr Sabbah, la question qui se pose aux croyants, pas seulement à ceux qui ont provoqué le schisme, mais à tous les croyants d'aujourd'hui, est toujours la même. « Si nous marchons avec Dieu, nous sommes sur le droit chemin et nous connaîtrons la vraie joie et l'espérance. Si nous marchons sans Dieu, nos jeunes vies se divisent sur tous les plans : l'affection, l'amitié, la foi et la cohérence », a-t-il expliqué.

« Dans votre vie de jeunes, il vous faut sans cesse regarder Dieu ; votre vie sera alors la vie promise par Jésus », a ajouté le patriarche.

« La vie chrétienne n'est pas faite de privations, c'est une vie d'abondance, a affirmé Mgr Sabbah. Comme dit l'Evangile de Saint Jean, Jésus est venu nous donner la vie en abondance. Soyez donc toujours fidèles à votre foi chrétienne catholique. Traitez avec Dieu, et avec les hommes car ils sont l'image de Dieu. Lorsque Jésus nous commande de nous aimer tous, proches et lointains, amis et ennemis, il nous invite à aimer Dieu lui-même en cette personne ».

Le Centre San Lorenzo est un centre de jeunes voulu par Jean Paul II ; il l'a lui-même inauguré le 13 mars 1983. Il accueille des jeunes qui résident à Rome ou qui viennent y séjourner quelque temps, assurant une animation liturgique et sacramentelle. C'est au Centre San Lorenzo que se trouve la première Croix des Journées mondiales de la jeunesse que Jean Paul II a confiée aux jeunes au cours de l'Année Sainte de 1984.

Tous les vendredis le Centre propose deux heures d'adoration, à partir de 16h, suivies de la récitation du chapelet pour les JMJ et de la célébration d'une messe présidée fréquemment par un évêque ou un cardinal.

Robert Cheaib