Préservatif : Mgr Dagens invite à l’écoute et au dialogue

Et à réfléchir sur les enjeux humains de la mission de l’Eglise

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ROME, Mardi 24 mars 2009 (ZENIT.org) - Suite à la polémique suscitée par les propos du pape sur la manière de lutter contre le SIDA et l'utilisation du préservatif, l'évêque d'Angoulême et membre de l'Académie française a invité à « l'écoute », à la « compréhension » et au « dialogue ». 

Dans un article intitulé : « Je souffre et j'espère pour l'Eglise », paru le 22 mars dans le Journal du Dimanche, Mgr Claude Dagens a déploré « un enchaînement de dérapages qui provoque un lynchage médiatique ». 

« Aujourd'hui, nous sommes dans un tintamarre. Nous assistons à un enchaînement de dérapages qui provoque un lynchage médiatique », a estimé Mgr Dagens qui a souhaité que l'on commence par rendre « justice au travail de l'Eglise, une des institutions qui fait le plus au monde contre le SIDA ». 

« Ce qui prime, c'est l'attention à ceux qui souffrent et qui meurent, pas les règles générales », a mis en avant l'évêque d'Angoulême. « Il faut avant tout de la compassion et de la compréhension, et pas un jugement ». « Et quels que soient les moyens techniques de protection, comme le préservatif, utile en cas de nécessité pour ne pas donner la mort, il faut en appeler à la responsabilité et à l'éducation », a-t-il ajouté. 

« C'est ce qu'a voulu dire le pape ». Pour l'évêque français, « il faut maintenant passer du choc à la réflexion sur les enjeux profonds, humains et spirituels de la mission de l'Eglise dans le monde ».  

Dans cet article, Mgr Dagens a évoqué ceux qui « voudraient un rapport d'opposition, de confrontation dure entre l'Eglise et le monde moderne ». « Ma conviction est que nous devons avant tout pratiquer l'écoute, la compréhension, le dialogue ». « Cela vaut pour la morale sexuelle comme pour l'engagement social et politique en ces temps de crise », a-t-il ajouté. 

« Aujourd'hui, je souffre intensément que l'Eglise puisse être réduite - de l'intérieur - ou considérée - de l'extérieur - comme un lieu de condamnation et d'exclusion, une institution durcie sur elle-même, laissant au second plan la manifestation du coeur de Dieu, que nous appelons sa miséricorde », a-t-il poursuivi.  

Mgr Dagens a enfin rappelé que « nous vivons dans des sociétés qui souffrent, à cause des maladies, du SIDA, et aussi des violences sociales et économiques ». « Plus les souffrances sont fortes, plus l'Eglise doit offrir au monde la miséricorde de Dieu », a-t-il ajouté. « La logique chrétienne n'est pas de chercher des coupables, mais d'arrêter l'engrenage du mal ».