Préserver les racines chrétiennes du continent européen

Avec le "retour" de l’Est, une page très positive de l’histoire de l’Europe

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CITE DU VATICAN, Vendredi 11 juin 2004 (ZENIT.org) - Le cardinal Tauran rappelle au micro de Radio Vatican la nécessité de préserver les racines chrétiennes du continent européen surtout au moment où, élargie à l’Est, l’Union européenne peut recommencer à respirer à deux poumons.



Le cardinal Jean-Louis Tauran, "ministre des affaires étrangères" de Jean-Paul II jusqu’en 2003, explique à propos des racines chrétiennes: "Le problème est que l’on a voulu faire précéder la Constitution d’un Traité institutionnel avec un Préambule. Ce Préambule est une vision de l’Histoire de l’Europe. Alors, en relisant l’histoire, on ne peut nier que le christianisme ait été la religion qui a contribué à la formation des institutions européennes. Par exemple, le fait que la première école naisse à la cour de Charlemagne, grâce à un moine qui s’appelait Alcuin, est un fait que personne ne songe à changer : c’est un moine qui a fondé la première école en Europe. Les universités, qui les a fondées ? L’Eglise. Je rappelle toujours aussi un autre fait : le premier exercice de démocratie directe, c’est l’élection des abbés dans les monastères bénédictins. Il y a une phrase de Paul VI qui me plaît beaucoup et que Jean-Paul II a reprise lorsqu’il dit que l’Europe est née de la Croix, du Livre et de la charrue : concrètement, l’idéal bénédictin. Puis l’on songe à un phénomène comme les pèlerinages ou à la langue latine : ces facteurs culturels ont déterminé, modelé, la physionomie de l’Europe. Donc, le pape dit : si nous devons faire une rétrospective historique, on ne peut ré-interpréter l’histoire passée de l’Europe".

Il souligne l’importance de l’événement du 1er mai dernier, avec l’entrée de dix nouveaux membres dans l’Union européenne : "C’est le retour de ces pays européens qui ont été exclus du continent, mis à part pendant tant d’années. L’expression "élargissement" ne me plaît pas beaucoup parce que c’est un "retour" et ce sera une sorte d’échange de dons, parce que ces pays apporteront leurs richesses historiques et culturelles… c’est une page très positive de l’histoire de l’Europe !

Pour ce qui est des difficultés, le cardinal Tauran reconnaît : "Certes, il y a des problèmes techniques ! Décider à 25 c’est certainement un exercice très complexe, et il faudra trouver des formules qui permettent à chaque pays de se sentir pleinement partenaire et en même temps, il faut que les formules soient réalistes".