Prier jusqu'à importuner le Seigneur

Homélie du matin, 1er juillet 2013

Rome, (Zenit.org) Constance Roques, Anne Kurian | 1611 clics

« Prier, c’est négocier avec le Seigneur, au point d’importuner le Seigneur », a déclaré le pape François.

Le pape a célébré la messe ce 1er juillet 2013, à la Maison Sainte-Marthe, en présence de collaborateurs du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens. Radio Vatican rapporte des extraits de son homélie.

Jusqu’à importuner

Le pape a commenté la première lecture, où Abraham insiste auprès du Seigneur pour préserver Sodome de la destruction (Gn 18,16-33) : « Abraham est courageux, il prie avec courage ». Abraham « a la force de parler en tête à tête avec le Seigneur et il cherche à défendre la ville ».

Comment prie le patriarche ? « Il prend les arguments, les motivations qui sont dans le cœur de Jésus » : « Convaincre le Seigneur avec les vertus du Seigneur ! Ça, c’est beau ! La démonstration d’Abraham va au cœur du Seigneur et Jésus enseigne la même chose : "Le Père sait toutes choses. Ne vous préoccupez de rien, le Père envoie la pluie sur les justes et sur les pécheurs, le soleil pour les justes et pour les pécheurs ».

« Fort de cette argumentation, Abraham avance : prier, c’est négocier avec le Seigneur, au point d’importuner le Seigneur. Prier, c’est louer le Seigneur pour toutes les belles choses qu’il a et lui dire que ces belles choses, il nous les envoie à nous. Et s’il est si miséricordieux, si bon, qu’il nous aide ! »

La prière courageuse

« La prière doit être courageuse » : le courage n’est pas seulement le « courage apostolique », mais aussi le « courage de se tenir devant Dieu: aller au Seigneur avec courage pour lui demander quelque chose ».

« Cela fait sourire… parce qu’Abraham parle avec le Seigneur d’une manière particulière, avec ce courage et on ne sait pas si l’on est devant un homme qui prie ou devant un « marchand phénicien », parce qu’il tire sur les prix, de plus en plus… Et il insiste : de cinquante, il a réussi à faire baisser le prix à dix. Lui, il savait que ce n’était pas possible. Mais simplement, c’était un juste : son neveu, son cousin… Mais avec quel courage, quelle insistance il va de l’avant ».

Se contenter de « demander quelque chose pour quelqu’un », et de s’en aller « ce n’est pas la prière » parce que « si tu veux que le Seigneur te donne une grâce, tu dois y aller courageusement et faire ce qu’a fait Abraham, avec la même insistance ».

Insister « c’est vraiment fatigant », car « c’est une attitude de prière » : sainte Thérèse « parle de la prière comme d’une négociation avec le Seigneur » et ceci « est possible seulement quand on est familier avec le Seigneur ». « C’est fatigant, c’est vrai, mais c’est cela la prière, il s’agit de prendre à Dieu une grâce ».

Les mots du psaume

 « Je voudrais, a conclu le pape, qu’aujourd’hui, pendant cinq minutes, pas plus, chacun prenne la Bible au cours de sa journée et [qu’il lise] lentement le psaume 102 », psaume du jour : « Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits ! Car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie ; il réclame ta vie à la tombe et te couronne d'amour et de tendresse ».

Pour le pape, ce psaume enseigne « ce qu’il faut dire au Seigneur en demandant une grâce » : « Toi qui es miséricordieux, toi qui pardonnes, fais-moi cette grâce » : comme l’a fait Abraham, et comme l’a fait Moïse ». Il s’agit « d’avancer dans la prière, courageusement, et avec ces arguments qui viennent vraiment du cœur de Dieu ».