Promouvoir « un nouvel humanisme chrétien »

Message de Benoît XVI au card. Ravasi

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ROME, mardi 6 décembre 2011 (ZENIT.org) –  Benoît XVI encourage les chercheurs qui veulent  promouvoir « un nouvel humanisme chrétien » notamment par l’archéologie et l’histoire.

« Témoignages et témoins. Les « martyria » et les champions de la foi » : c’est le titre de la XVIe séance publique des sept Académies pontificales, qui s’est tenue à Rome le 30 novembre dernier au palais Saint Pie X de la Via della Conciliazione. A cette occasion, le pape Benoît XVI a adressé un message au cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, dont dépendent ces  sept académies.

Les travaux ont été ouverts par le cardinal Ravasi et, au cours de la séance, avant de remettre aux vainqueurs le Prix des Académies pontificales (cf. Zenit du 2 décembre 2011), le cardinal secrétaire d’Etat, Tarcisio Bertone, a lu le message de Benoît XVI.

Benoît XVI y annonce que, selon les indications du Conseil de coordination des Académies pontificales, il décerne le Prix des Académies ecclésiastiques pontificales à deux lauréats ex æquo : au Studium Biblicum Franciscanum de Jérusalem et à Mme Daria Mastrorilli, pour ses recherches sur le culte des martyrs Zotique, Irénée et Amans. Le pape accorde aussi une médaille du pontificat à Mme Cecilia Proverbio, pour son étude de l’iconographie des basiliques paléochrétiennes de Rome.

Le pape veut en effet ainsi encourager « ceux qui veulent offrir une contribution à la promotion et à la réalisation d’un nouvel humanisme chrétien à travers la recherche archéologique et historique ».

Le pape met en évidence l’importance de la recherche archéologique pour rendre vivante à travers les siècles la valeur du témoignage des martyrs et « l’historicité du christianisme ».

La foi peut être rendue tangible, fait observer le pape, grâce à un morceau de pierre ou un tesson de mosaïque, car ces restes – d’une tombe, d’une fresque, d’un objet – sont en mesure de restituer de façon sensible le lieu d’un événement, ou le témoignage d’un saint, et surtout d’un martyre.

Pour le pape, la ville de Rome et la Terre sainte sont par excellence les « sites » où l’on peut toucher du doigt « les signes de la présence chrétienne », aujourd’hui accessibles aussi grâce à des techniques de pointe comme les images par satellite ou le laser.

Ces techniques permettent en effet d’obtenir aujourd’hui « des résultats impensables il y a quelques dizaines d’années ». Le pape a cité la découverte des fresques de la catacombe chrétienne de Sainte-Thècle à Rome (cf. Zenit du 22 juin 2010).

Pourtant, fait remarquer Benoît XVI, « la technologie, si utile soit-elle, ne suffit pas » : pour que ces « messages qui nous arrivent du passé » puissent interpeller l’intelligence et même la conscience, il faut des chercheurs doués d’une « compétence réelle », et d’une « passion authentique » pour le témoignage humain et chrétien que l’enquête permet de découvrir.

Benoît XVI a rendu hommage à des archéologues franciscains illustres comme les PP. Bellarmino Bagatti, Virgilio Corbo et Michele Piccirillo – dont les noms sont liés à l’archéologie de la Terre Sainte.

Puis le pape a poursuivi sa réflexion à partir de ces « champions de la foi » que sont les martyrs qui ont laissé des traces impérissables, spécialement à Rome.

Pour Benoît XVI, ces traces artistiques et ces monuments démontrent que « l’Evangile parle au cœur de l’homme, aujourd’hui comme hier, et qu’il se communique surtout par le témoignage vivant des croyants ».

Les martyrs qui ont laissé jusqu’à aujourd’hui des traces concrètes – tel lieu, tel objet – de leur « courage » de personnes « libres », témoignent que, « par le Christ crucifié », premier « témoin fidèle », Dieu « est entré dans notre histoire et dans notre humanité, non pour la combattre ni pour la soumettre mais pour la transformer profondément et la rendre ainsi à nouveau capable de correspondre pleinement à son dessein d’amour ».

Et si, aujourd’hui, l’Eglise « veut parler au monde efficacement » et « faire sentir sa présence amicale aux hommes et aux femmes », elle doit devenir un témoin de la crédibilité de la foi, même dans les contextes apparemment les plus difficiles ou les plus indifférents à l’annonce évangélique ». 

A l’instar des martyrs, elle doit donc offrir un type de témoignage concret et prophétique « par des signes efficaces et transparents et cohérence, de fidélité et d’amour du Christ passionné et sans condition, allié à une charité authentique, à l’amour du prochain ».

ASB