Quelles sont les familles les plus heureuses?

Enquête pour la Rencontre internationale des familles à Milan

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Anne Kurian

ROME, mardi 22 mai 2012 (ZENIT.org) – Une enquête sur la contribution des différentes typologies de familles à la société vient d’être publiée, sous l’égide du Conseil pontifical pour la famille:les familles stables avec deux enfants ou plus sont les plus heureuses et les plus ouvertes.

Au cours d’une conférence de presse sur la Rencontre mondiale des familles à Milan (30 mai-3 juin), a été présenté l’ouvrage « La famille, ressource de la société », publié en italien, qui sera une base de discussion pour la rencontre de Milan.

Sont intervenus, le cardinal Ennio Antonelli, président du Conseil pontifical pour la famille, et Pierpaolo Donati, professeur de sociologie à l’Université de Bologne, coordinateur scientifique de la recherche pour l’ouvrage.

Les plus heureuses

L’ouvrage, explique le cardinal Antonelli, est une « recherche approfondie » qui met en lumière les « contributions, positives ou négatives », des « diverses typologies de familles et de vie en commun » pour la société.

« De cette étude, précise-t-il, il émerge surtout que les familles stables avec deux enfants ou plus sont les plus heureuses et les plus ouvertes au social ».

Le débat actuel sur la famille au niveau mondial, souligne Pierpaolo Donati de son côté, remet en question la famille comme « forme sociale ordonnée sur le mariage entre un homme et une femme et sur la stabilité de leurs relations, orientées vers la procréation et l’éducation des enfants, à travers la complémentarité et la réciprocité entre les sexes », c’est-à-dire la famille au sens classique.

L’opinion publique, poursuit-il, se pose aujourd’hui une « question de fond »: « la famille est-elle encore une ressource pour la personne et la société ou bien est-elle un reste du passé qui entrave l’émancipation des individus et l’avènement d’une société plus libre, égalitaire et heureuse? »

Le volume a pour but de « répondre à cette question fondamentale » avec une « enquête originale, théorique et empirique, extrêmement documentée », précise-t-il. L’ouvrage présente notamment les résultats d’une recherche scientifique conduite sur un échantillon représentatif de la population italienne entre 30 et 55 ans, avec 3.500 interviews réalisées en 2011.

Dans l’ensemble, rapporte M. Donati, l’enquête met en évidence que la « prise de distance » avec la famille au sens traditionnel et sa « déstructuration » n’améliorent pas la condition existentielle des personnes, si elles ne l’empirent pas.

La famille peut être articulée autour de vies quotidiennes très différentes, mais sa « mise en doute » et son affaiblissement engendrent des personnes qui sont « sujets faibles et passifs » par rapport à la société : cette dernière doit « les assister », alors que les personnes devraient être « des acteurs qui génèrent et régénèrent le capital humain et social de la société ».

Au final, conclut-il, l’ouvrage démontre que la famille est « une ressource pour la société » car la relation familiale « génère un climat caractérisé par la confiance, la coopération, la réciprocité, à l’intérieur duquel grandissent les vertus personnelles et sociales ». A contrario, sans le climat propre à la famille, il est « plus difficile, et parfois impossible, d’apprendre et de mettre en pratique les vertus personnelles et sociales ».

Méthode pour interpeler

Le cardinal Antonelli souhaite que la « méthode habituelle » des catholiques pour interpeler l’opinion publique, l’économie et la politique, soit caractérisée par « la raison » et « l’appui sur des données sociologiques ».

Le Conseil pontifical pour la famille, annonce-t-il à ce propos, publie également un « instrument utile de consultation », qui rassemble les interventions du magistère les plus récentes sur la famille et la vie humaine. La documentation commence dans les dernières années du pontificat de Jean-Paul II et se poursuit avec celui de Benoît XVI jusqu’en décembre 2011.

Cette publication est à l’usage de ceux qui travaillent dans la pastorale familiale, ainsi que « les associations, les mouvements pour la famille et la vie, les étudiants, les professeurs et les politiques ». L’éventail des thématiques est « très large », tel la préparation au mariage, le mariage interreligieux, la régulation de la fertilité, les droits des mineurs, la famille sujet évangélisateur, les situations irrégulières selon le droit canon, etc.

Le cardinal énumère en outre les initiatives du Conseil pontifical pour la famille, en vue de l’évènement de Milan, telles des catéchèses préparatoires, traduites en 11 langues (italien, français, anglais, allemand, espagnol, portugais, polonais, hongrois, roumain, arabe et russe) ; un Séminaire international d’études en 2009 ; une assemblée plénière sur les droits de l’enfance en 2010.