Qui s’abandonne entre les mains de Dieu ne devient pas un « pantin »

Homélie de Benoît XVI

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ROME, Jeudi 8 décembre 2005 (ZENIT.org) – Qui s’abandonne entre les mains de Dieu ne devient pas un « pantin », souligne Benoît XVI, dans son homélie pour le 40e anniversaire du concile: le pape a abordé la question de la liberté de l’homme face au mal.



« Le mal, disait-il, empoisonne toujours, au lieu d’élever l’homme, il l’abaisse, l’humilie, il ne rend pas l’homme plus grand, plus pur, plus riche, mais il l’abîme, le fait devenir plus petit ».

Or, insistait le pape, l’homme qui s’abandonne totalement à Dieu « ne perd pas sa liberté ».

Le pape évoquait ce soupçon « qu’une personne qui ne pèche pas serait, au fond, ennuyeuse, qu’il manquerait quelque chose dans sa vie, la dimension dramatique de l’être autonome; que cela fait partie du véritable être de l’homme que la liberté de dire non; que nous devons mettre cette liberté à l’épreuve, même contre Dieu pour pouvoir devenir totalement nous–mêmes ».

« En un mot, expliquait le pape, nous pensons qu’au fond le mal est bon, que du mal nous avons au moins un peu besoin pour faire l’expérience de la plénitude de l’être ».

Après avoir cité le « Faust » de Goethe, le pape diagnostiquait: « Nous pensons que négocier un peu avec le mal, se réserver un peu de liberté, contre Dieu, au fond, c’est bien, et même peut-être nécessaire ».

« Mais en regardant le monde autour de nous, ajoutait-il, nous pouvons voir qu’il n’en est pas ainsi. Et que le mal au lieu d’élever l’homme, l’empoisonne toujours ».

« C’est, concluait le pape, ce que nous devons apprendre le jour de l’Immaculée: l’homme qui s’abandonne totalement dans les mains de Dieu ne devient pas un pantin de Dieu, une ennuyeuse personne consentante, il ne perd pas sa liberté, seul l’homme qui se confie totalement à Dieu trouve la vraie liberté, la grande ampleur et la créativité de la liberté du bien ».

« L’homme qui se tourne vers Dieu, insistait Benoît XVI, ne devient pas plus petit, mais plus grand, parce que, grâce à Dieu, et avec lui, il devient grand, il devient divin, il devient vraiment lui-même ».