Qui veut la paix ne peut tolérer des atteintes contre la vie

Message pour la Journée mondiale de la paix

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Anita Bourdin

ROME,  samedi 15 décembre 2012 (ZENIT.org) –  Pour Benoît XVI, les artisans de paix sont ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie dans son intégralité : « Qui veut la paix ne peut tolérer des atteintes ou des crimes contre la vie ». Le pape défend également les valeurs du mariage en tant qu’union d’un homme et d’une femme.

Le Vatican a en effet publié, le 14 décembre, le message de Benoît XVI pour la Journée mondiale de la Paix, le 1er janvier 2013, sur le thème de la béatitude : « Heureux les artisans de paix » (cf. « Documents » pour le texte intégral en français).

Les vrais artisans de paix

Le pape consacre en effet la quatrième partie de son message à al défense de la vie humaine te de la famille en disant : « Le chemin de réalisation du bien commun et de la paix est avant tout le respect pour la vie humaine, considérée dans la variété de ses aspects, à commencer par sa conception, dans son développement, et jusqu’à son terme naturel. Les vrais artisans de paix sont alors ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie humaine en toutes ses dimensions : personnelle, communautaire et transcendante. La vie en plénitude est le sommet de la paix. Qui veut la paix ne peut tolérer des atteintes ou des crimes contre la vie ».

Le pape cite les atteintes à la vie humaine à tous ses stages en disant : « Ceux qui n’apprécient pas suffisamment la valeur de la vie humaine et, par conséquent, soutiennent la libéralisation de l’avortement par exemple, ne se rendent peut-être pas compte que de cette façon ils proposent la recherche d’une paix illusoire. La fuite des responsabilités qui avilit la personne humaine et, encore davantage, le meurtre d’un être sans défense et innocent, ne pourront jamais produire ni bonheur ni paix ».

Dégâts irréparables pour le développement

Le pape interroge sur la cohérence des choix de société : « Comment peut-on penser en effet construire la paix, le développement intégral des peuples ou la sauvegarde même de l’environnement sans que soit défendu le droit des plus faibles à la vie, à commencer par les enfants à naître ? »

Il répond : « Toute atteinte à la vie, en particulier à son origine, provoque inévitablement des dégâts irréparables pour le développement, pour la paix, pour l’environnement ».

Le pape débusque également des « faux droits » : « Il n’est pas juste non plus de codifier de manière sournoise de faux droits ou des abus qui, fondés sur une vision réductrice et relativiste de l’être humain et sur l’utilisation habile d’expressions ambiguës destinées à favoriser un prétendu droit à l’avortement et à l’euthanasie, menacent le droit fondamental à la vie ».

Pour ce qui est du mariage, Benoît XVI affirme son importance pour la paix en disant : « La structure naturelle du mariage doit être aussi reconnue et promue, c’est-à-dire l’union entre un homme et une femme, face aux tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes radicalement différentes d’union qui, en réalité, la dénaturent et contribuent à la déstabiliser, éclipsant son caractère particulier et son rôle social irremplaçable ».

L'Eglise n'est pas seule

Il fait observer que ces principes fédèrent au-delà des clivages religieux : « Ces principes ne sont pas des vérités de foi ; ils ne sont pas non plus seulement une conséquence du droit à la liberté religieuse. Ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même, identifiables par la raison, et donc communs à toute l’humanité ».

L’Osservatore Romano de ce 15 décembre fait observer, par la plume de son directeur, Giovanni Maria Vian, récemment fait chevalier de la Légion d’Honneur, que dans la mobilisation suscitée en France par un projet de loi – « le mariage pour tous » - le thème fédère « des orthodoxes, des protestants, des juifs, des musulmans, et des intellectuels laïcs » et que « l’Eglise n’est pas isolée ».

Le pape lui-même affirme le caractère non confessionnel de cette mobilisation : « L’action de l’Église en faveur de leur promotion ne revêt donc pas un caractère confessionnel mais s’adresse à toutes les personnes, quelle que soit leur appartenance religieuse. Cette action est d’autant plus nécessaire que ces principes sont niés ou mal compris, car cela constitue une offense faite à la vérité de la personne humaine, une grave blessure infligée à la justice et à la paix ».

L'objection de conscience

Et surtout, Benoît XVI insiste sur le droit à l’objection de conscience face à des lois considérées comme contraires aux valeurs : « C"’est pourquoi la reconnaissance par les ordonnancements juridiques et par l’administration de la justice du droit à l’usage du principe d’objection de conscience face à des lois et à des mesures gouvernementales portant atteintes à la dignité humaine, comme l’avortement et l’euthanasie, est aussi une importante contribution à la paix ».