R. D. du Congo : « le dialogue est la voix royale »

Les évêques écrivent au président de la République

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 897 clics

« Le dialogue est une voie royale et pacifique de sortie de crise », affirme le Comité permanent de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) dans un Mémorandum sur l’état actuel de la nation adressé au président de la République, en date du 22 février 2013 (Cf. site de la Cenco pour le texte intégral).

« Le dialogue est une voie royale et pacifique de sortie de crise », écrivent les évêques, souhaitant que « le dialogue envisagé affronte avec courage et sincérité les préoccupations vitales de la nation ».

Pour les évêques, « la refondation morale de notre société doit demeurer au centre des préoccupations de tous, car sans éthique dans l’agir politique, il est difficile à la République démocratique du Congo (RDC) de progresser et de se développer ».

Ils pointent du doigt les signes de la crise actuelle et formulent des propositions pour y remédier.

Sur le plan politique d’abord, les évêques déplorent « de nombreux partis politiques qui évoluent sans projet de société fiable, car ce qui semble les intéresser, c’est la conquête du pouvoir pour le pouvoir ».

Ils proposent donc de fonder la cohésion nationale « sur les valeurs républicaines, notamment l’amour de la patrie, la justice, la paix et le travail qui doivent être partagées et défendues par tous les Congolais » et que soient nommées « des personnes capables et honnêtes » dans les postes à responsabilité.

Sur le plan socio-économique économique, « le degré de pauvreté de notre population a atteint des proportions qui nous inquiètent et nous préoccupent comme Pasteurs », écrivent les évêques.

« L’avenir harmonieux de notre pays exige une économie de développement au grand profit de l’homme congolais ». Cela requiert, expliquent-ils, « que l’on investisse dans l’alimentation, la santé, l’habitat et l’éducation » mais aussi que « la lutte contre la corruption, la fraude et l’évasion fiscale » soit menée « efficacement, impartialement et sans complaisance ».

Enfin, sur le plan sécuritaire, les évêques constatent que sans véritable armée nationale, « la présence de groupes armés dans des zones d’exploitation des ressources naturelles déstabilise et insécurise la population riveraine ».

Ils invitent à « la réforme de nos Forces armées », appelant « un état des lieux pour lever des orientations fondamentales à la mise sur pied d’une armée républicaine ».