Radio Moscou a créé la « légende noire » contre Pie XII

Des révélations de « La Civiltà cattolica »

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ROME, Dimanche 19 juin 2005 (ZENIT.org) – « La légende noire contre le pape Pie XII fut lancée par Radio Moscou à la fin de la deuxième guerre mondiale, conclut une enquête publiée par la revue italienne « La Civiltà cattolica ».



Pie XII, qui à sa mort reçut l’hommage des chefs d’Etats démocratiques et des plus hauts représentants juifs, a été présenté par certaines publications lors des décennies qui suivirent, comme un allié des régimes totalitaires, mettant en particulier en accusation son « silence » face aux crimes du nazisme.

L’article du bi-mensuel, signé par Giovanni Sale, s.j., analyse la réaction de la radio communiste à l’allocution prononcée par le pape Eugenio Pacelli, le 2 juin 1945, fête de saint Eugène.

Le 7 juin 1945, la radio diffusa une émission qui « prit une valeur, pour ainsi dire, paradigmatique, dans le sens où elle résumait bien le point de vue de la gauche radicale sur l’activité du Saint-Siège pendant la période de la guerre ».

« Qui a entendu le discours du pape à l’occasion de la fête de saint Eugène – disait Radio Moscou – a été extrêmement étonné d’apprendre que le Vatican, pendant les années de la domination d’Hitler en Europe, a agi avec courage et audace contre les délinquants nazis. En revanche, les faits et actions véritables du Vatican disent le contraire ».

« Du reste, si le Vatican a agi de cette manière, il l’a fait pour poursuivre la politique vigilante de protection d’Hitler et de Mussolini » ajoutait la radio communiste.

« Aucune des atrocités commises par les hommes d’Hitler n’a suscité le mépris et l’indignation du Vatican. Il s’est tu alors qu’oeuvraient les machines de mort allemandes, quand fumaient les cheminées des fours crématoires, quand étaient lancées sur la population pacifique de Londres des centaines de bombes, quand la doctrine hitlérienne d’élimination et d’extermination des nations et des peuples se transformait en une dure réalité ».

« Maintenant en revanche – poursuivait-elle – le pape remplissait son discours d’allusions contre l’Union soviétique et le communisme international pour provoquer des divergences et semer la méfiance parmi les alliés ».

L’auteur de l’article constate que « la presse communiste internationale, et pas seulement elle, s’était alignée passivement sur les directives de Moscou, à ce sujet ».

« Ainsi commença la légende noire d’un Pie XII ami et allié des nazis, qui est d’une certaine façon arrivée jusqu’à nos jours ; un pape qui soutenait, pour des raisons d’intérêt politique, des régimes totalitaires fascistes et ennemi juré de la démocratie populaire ».