Raison et foi ne sont pas en compétition, déclare Benoît XVI

Plénière de la congrégation pour la Doctrine de la foi

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ROME, Vendredi 10 février 2006 (ZENIT.org) – Raison et foi ne sont pas en compétition, a déclaré Benoît XVI qui a reçu ce matin en audience les membres de l’assemblée plénière de la congrégation pour la Doctrine de la foi, en la salle Clémentine, sous la présidence de Mgr William Levada, préfet. Le pape invite à approfondir les vérités découvertes par la raison sans aucune peur.



« Jésus est l’étoile polaire de la liberté humaine », déclarait le pape, qui a avoué une « émotion particulière » en évoquant ses 20 ans et plus passés à la tête de ce dicastère qui a pour tâche de « promouvoir et protéger la doctrine de toute l’Eglise catholique en matière de foi et de mœurs ».

« Dans la vie de l’Eglise, disait encore le pape, la foi a une importance fondamentale, parce que fondamental est le don que Dieu fait de lui-même dans la Révélation et ce don de lui-même de Dieu est à accueillir dans la foi ».

C’est la raison pour laquelle, continuait le pape, la congrégation pour la Doctrine de la Foi doit rappeler « le caractère central de la foi catholique dans son expression authentique ».

« Lorsque la perception de ce caractère central s’affaiblit, faisait observer le pape, le tissu de la vie ecclésiale perd aussi de sa vivacité originale et s’use, en tombant dans un activisme stérile, ou en se réduisant à une habileté politique à la saveur mondaine. Si la vérité de la foi est au contraire placée avec simplicité et décision au centre de l’existence chrétienne, la vie de l’homme est irriguée et ravivée par un amour qui ne connaît ni pauses ni limites ».

Et cet « amour » naît de la rencontre avec le Christ dans la foi », faisait observer le pape, car c’est Jésus « l’étoile polaire de la liberté humaine ».

« Sans lui, continuait le pape, elle [la liberté humaine] perd son orientation, puisque sans la connaissance de la vérité, la liberté est dénaturée, s’isole, se réduit à un libre-arbitre stérile. Avec lui, la liberté se retrouve, se reconnaît faite pour le bien, et s’exprime dans les actions et les comportements de la charité ».

« Une vérité offerte comme une réalité qui restaure l’homme et ensemble le dépasse et le domine; en tant que mystère qui accueille et excède en même temps le temps, l’élan de son intelligence ».

« Et rien comme l’amour de la vérité, a ajouté le pape, réussit à pousser l’intelligence humaine vers des horizons inexplorés ».

« Seule la vérité, disait-il, est en effet capable d’envahir l’esprit et de lui procurer une joie complète ».

C’est en effet, ajoutait le pape, que l’Eglise « accueille les conquêtes authentiques de la connaissance humaine » , parce que l’évangélisation exige aussi de « prendre en compte aussi les horizons et des défis du savoir moderne ».

« Toute étude qui se propose d’approfondir la connaissance des vérités découvertes par la raison est donc d’une importance vitale, ajoutait Benoît XVI, avec cette certitude qu’il y a pas de compétition entre la raison et la foi. Nous ne devons pas avoir peur de faire face à ce défi. Jésus Christ est en effet le Seigneur de toute la création et de toute l’histoire ».