Réaction des évêques espagnols à la création du premier « bébé-médicament »

Mise en garde contre les dangers de la sélection thérapeutique des embryons

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ROME, Lundi 20 octobre 2008 (ZENIT.org) - Après le premier cas « bébé-médicament » enregistré en Espagne, la Conférence épiscopale espagnole a fait part de la position de l'Eglise en la matière, soulignant, dans un communiqué publié vendredi, qu'il est légitime de chercher les moyens qui permettent de soigner une maladie, mais sans avoir recours pour cela à des pratiques supposant la « mort de quelqu'un ».

Cette réaction des évêques fait suite à l'annonce de la naissance en Espagne pour la première fois d'un bébé, fruit d'une fécondation in-vitro, sélectionné génétiquement pour guérir son frère aîné atteint d'une grave forme d'anémie congénitale. Le sang du cordon ombilical du nouveau né doit être greffé, par injection, à son frère dans l'espoir de le guérir de sa maladie, une bêta-thalassémie majeure.

Cette technique, souligne la conférence épiscopale espagnole, a « des implications morales que les moyens de communication sociale ont passés sous silence ces jours-ci ».

Les médias, précisent-ils, « ont fait part de l'heureuse nouvelle de la naissance d'un enfant et la possibilité que cette naissance puisse guérir la maladie de son frère, ce qui peut paraître une bonne nouvelle pour tout le monde, mais en omettant de parler d'un fait dramatique » : que cette naissance « suppose l'élimination des embryons malades et éventuellement de ceux qui, bien que sains, n'étaient pas génétiquement compatibles ».

Cette naissance « a été accompagnée de la destruction d'autres personnes, ses frères, lesquels ont été privés du droit fondamental à la vie ».

Ces embryons, expliquent les évêques, ont été « éliminés car jugés désormais inutiles d'un point de vue technique, violant ainsi leur dignité et le respect absolu que chaque personne mérite en soi, au-delà de toute considération utilitariste ».

« Le frère qui est né a été choisi car jugé plus utile pour des soins éventuels. De cette manière, on a compromis son droit à être aimé comme une fin en soi et à ne pas être traité comme un moyen instrumental d'utilité technique ».

« Il faut soigner les malades, mais sans avoir à tuer quelqu'un », ajoutent-ils. « La compassion suppose avant tout que l'on respecte les droits de tous, en particulier la vie de tous les enfants, qu'ils soient sains ou malades ».

Les évêques soulignent que leur communiqué ne vise pas à « juger la conscience ni les intentions de certains » mais de mettre en garde contre « ces éléments émotionnels qui tendraient à justifier des pratiques inacceptables ».

« Le fait heureux de la naissance d'un enfant sain ne saurait justifier l'instrumentalisation à laquelle il a été soumis et ne suffit pas pour présenter comme un progrès la pratique eugénique qui a supposé la destruction de ses frères générés in vitro ».