Recherches sur la stérilité : dimension éthique et recherche biomédicale

Benoît XVI met en garde contre le scientisme et la logique du profit

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ROME, lundi 27 février 2012 (ZENIT.org) – Dans les recherches sur la stérilité humaine, Benoît XVI invite à ne pas séparer la science de la dimension morale, à « respecter la dignité des couples » et il met en garde contre « le scientisme et la logique du profit ».

Le pape a en effet prononcé un discours, au cours d’une audience avec les participants de la XVIIIe Assemblée générale de l’Académie pontificale pour la vie, sur le thème "Diagnostic et thérapie de la stérilité", le 25 février 2012. Etait présent, notamment, le président de l’Académie, Mgr Ignacio Carrasco de Paula.

Dans son discours, Benoît XVI encourage une « science intellectuellement honnête », qui prenne en compte « la recherche du bien de l’homme ». Très ferme, il donne de nombreuses recommandations, pour respecter la dignité du couple et éviter les écueils.

Ne pas écarter la morale et la foi

Benoît XVI réaffirme « la confiance » de l’Eglise dans les « possibilités de la raison humaine » et dans « un travail scientifique rigoureusement conduit ».

Ce travail, précise-t-il, doit « toujours garder à l’esprit l’aspect moral », confirmant en cela la « possibilité concrète d’un dialogue fécond entre dimension éthique et recherche biomédicale ».

Il dénonce à ce sujet « certains contextes médico-scientifiques » où « la dimension de la vérité » s’avère « brouillée » : cette « indifférence » de la conscience par rapport au vrai et au bien, prévient-il, représente « une menace dangereuse pour le progrès scientifique authentique ».

En outre, Benoît XVI invite à ne pas « dédaigner » le « dialogue avec la foi », comme il l’avait écrit dans son encyclique Deus caritas est: " La foi permet à la raison de mieux accomplir sa tâche et de mieux voir ce qui lui est propre." (n. 28).

Respecter la dignité du couple

Remerciant les participants de l’Assemblée générale de travailler à une « évaluation diagnostique juste » et une « thérapie qui corrige les causes de la stérilité », le pape souligne que cette double approche est « scientifiquement la plus juste » mais aussi « la plus respectueuse de l’humanité intégrale des sujets impliqués ».

Car il ne s’agit pas de se contenter de « donner un enfant au couple », poursuit-il, il faut aussi rendre aux époux « leur fertilité » et « la dignité d’être responsables de leurs propres choix procréatifs », afin qu’ils puissent être « collaborateurs de Dieu dans la génération d’un nouvel être humain ».

Il rappelle par ailleurs fermement que « l’unique lieu digne pour l’appel à l’existence d’un nouvel être humain » est « l’union de l’homme et de la femme dans cette communauté d’amour et de vie qu’est le mariage ».

Pour l’Eglise, précise-t-il, la procréation, ne doit pas être réduite à un « produit », mais doit être comprise « dans son lien avec l’acte conjugal », qui est « expression de l’amour des époux, de leur union non seulement biologique, mais également spirituelle ».

Résister aux tentations

Benoît XVI avertit contre le risque que la pratique des scientifiques devienne « purement fonctionnelle » : « Ne cédez jamais à la tentation de traiter le bien des personnes en le réduisant à un simple problème technique ! », exhorte-t-il.

Il dénonce avec force « le scientisme et la logique du profit » qui « dominent » le domaine de la procréation humaine, et même « entravent » d’autres terrains de recherche. En ce sens, il met en garde contre « la fascination de la technologie de la fécondation artificielle » et « l’arrogance de se substituer au Créateur ».

La stérilité n’amoindrit pas le couple

Benoît XVI exprime également la sollicitude de l’Eglise envers les « souffrances » des couples stériles, souhaitant leur apporter « réconfort et d’espérance ».

Il leur rappelle que même lorsque la science, n’est « pas en mesure » de répondre à leurs « aspirations légitimes », leur vocation matrimoniale n’en est pas pour autant « amoindrie ».

Les conjoints sont « toujours appelés » à « collaborer avec Dieu » pour une « humanité nouvelle » car « la vocation à l’amour est vocation au don de soi » et « aucune condition organique ne peut empêcher » cette aptitude.

Lorsque la science ne trouve pas de réponse, affirme-t-il, la seule réponse possible « vient du Christ ».

Pour conclure, Benoît XVI insiste sur « le rôle culturel fondamental » des scientifiques et leur « influence » pour « former l’opinion publique », citant Jean-Paul II : « Justement parce qu’ils savent davantage, les savants sont appelés à servir davantage".

Anne Kurian