Réconciliation et redécouverte du bien commun, par le card. Sarr

Congrès à l'Université pontificale urbanienne

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Anita Bourdin

ROME, jeudi 17 mai 2012 (ZENIT.org) – « L’Evangile de la Réconciliation et la redécouverte du Bien commun : objectifs prioritaires de convergence du Pacte social » : c’est le titre de la conférence donnée hier à Rome par le cardinal Sarr qui appelle l’Afrique à l’espérance.

Le cardinal Adrien Sarr, archevêque de Dakar, au Sénégal, a en effet participé le 16 Mai, à un congrès de l’Université pontificale urbanienne intitulé : « A l’écoute de l’Afrique : ses contextes, ses attentes, son potentiel ».

Cette conférence est aujourd’hui publiée par Radio Vatican en français (cf. Ci-dessous « Documents » pour le texte intégral).

« Avec le Saint Père, insiste le cardinal Sarr, nous ne pouvons qu’appeler l’Afrique et les Africains à l’espérance (cf. AM n° 72), appeler les Eglises d’Afrique et leurs membres à la proclamation de l’Evangile de la Réconciliation, à se mettre généreusement et fidèlement « au service de la Réconciliation, de la Justice et de la Paix », dans les différents pays du continent.

« Alors peut grandir en nous l’espérance d’accueillir, dans les temps qui viennent, le don de Dieu d’une Afrique réconciliée avec elle-même, et offrant à ses fils et filles les conditions d’un développement responsable, solidaire et intégral », ajoute l’archevêque de Dakar.

Mais un tel appel n’est pas de l’irénisme : le cardinal Sarr analyse avec précision le contexte, dans un état des lieux sans concession. Il souligne en particulier le besoin de réconciliation de l’Afrique, le conflits, les conflits ethniques, les injustices, la pauvreté et la faim.

Il dénonce le mépris du bien commun:« Ce besoin de réconciliation est des plus pressants en Afrique, fait-il observer, du fait de l’inculture grave de nombreux dirigeants en matière de politique, de leur mépris des droits humains, qu’ils violent allègrement, avec un sentiment de totale impunité. Certains d’entre eux ne s’intéressent aux institutions religieuses que pour les instrumentaliser à des fins autres que spirituelles ; d’autres se montrent incapables, par ailleurs, de concevoir que l’on puisse résoudre un différend, autrement que par la force et la violence. Beaucoup s’avèrent plus préoccupés de sauvegarder leurs intérêts personnels, leurs privilèges ; plus préoccupés de se maintenir au pouvoir, avec leurs familles, que de promouvoir la vérité, la justice, la réconciliation, le développement ».

Mais tout n’est pas à construire à partir de rien : le cardinal Sarr, dans le sillage du voyage de Benoît XVI au Bénin et dans le sillage de son exhortation apostolique post-synodale « Africae Munus »,  il souligne les atouts du continents.

Il rappelle aussi les expériences réussies, au Bénin, dans les années 90, avec Mgr Isidore de Souza et la « Conférence Nationale des Forces vives » ou en Afrique du Sud avec la commission de réconciliation, à la fin de l’Apartheid, et il évoque la mise en place en Côte d’Ivoire de la « Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation ».