Réfugiés: nouveau naufrage tragique en Méditerrannée

Pour le pape, c'est une "honte"

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian, Anita Bourdin | 933 clics

Le pape François est bouleversé par le nouveau naufrage en Méditerranée, près des côtes de l'île italienne de Lampédouse, ce jeudi 3 octobre 2013: c'est pour lui une "honte". Il invite à prier pour les victimes et à se mobiliser pour que cela ne se reproduise pas.

Un bilan provisoire fait état de 94 morts, dont des enfants et des femmes enceintes. Seules 150 personnes ont été sauvées selon ce premier bilan de la mi-journée. On estime à 250 le nombre des disparus. A Lampédouse, on se savait plus où déposer les corps retrouvés sans vie. Une jeune femme qui a secourus les rescapés en mer n'a pu retenir ses larmes à l'arrivée au port, devant la tragédie. Les recherches de survivants se poursuivent.

L'alarme a été donnée par des pêcheurs: un feu de détresse allumé à bord a déclenché un incendie et donc un mouvement de panique, vraisemblablement à l'origine du naufrage.

Dans un tweet publié ce jeudi matin, 3 octobre, en italien, le pape a tout d'abord appelé à la prière : "Prions Dieu pour les victimes du tragique naufrage au large de Lampédouse".   

Interrompant ensuite son discours aux participants d'un congrès pour les 50 ans de l'encyclique de Jean XXIII sur la paix "Pacem in Terris", le pape a laissé éclater son émotion et son indignation en prononçant le mot de "honte": "En parlant de la paix et de la crise économique mondiale inhumaine, je ne peux pas ne pas rappeler avec une immense douleur les nombreuses victimes du énième naufrage. Un seul mot me vient à l'esprit: honte! C'est une honte ! Prions ensemble Dieu pour qui a perdu la vie : hommes, femmes, enfants, pour leurs proches et pour tous les réfugiés. Unissons nos efforts pour que ne se répètent pas de semblables tragédies ! Seule une collaboration décidée par tous peut aider à les prévenir."

Le pape s'est rendu à Lampédouse, où échouent et débarquent, ou font naufrage, des milliers d'immigrés et de réfugiés partis des rivages d'Afrique, le 8 juillet dernier (cf. Zenit du 8 juillet 2013).

Appelant de ses voeux un sursaut de solidarité en faveur des migrants et des réfugiés dans le monde, le pape avait dénoncé ce qu'il appelle la "mondialisation de l'indifférence" et "l'anesthésie du coeur". Il disait être venu pour "prier" et pour "réveiller les consciences". 

On estime que 25.000 personnes, fuyant les guerres et la misère, sont mortes en Méditerranée ces 20 dernières années, dont 2.000 en 2011, 1.700 en 2012: leur nombre aurait triplé en 2013.

La communauté de SantE'gidio préconise d’instituer un centre d’accueil européen en Sicile: « l’Europe devrait constituer un réseau continental de premier accueil dans les lieux de débarquement, et non en Libye ou ailleurs ».

Il faudrait aussi « penser à des déplacements de réfugiés d’un pays à l’autre pour alléger les pays les plus exposés ».

L'Italie demande l'aide européenne pour ne pas porter seule le poids de la solidarité et a déclaré le 4 octobre journée de deuil national.