Réfugiés : répartir l'accueil entre les pays européens

Plaidoyer de Mgr Tomasi

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 337 clics

Le Saint-Siège appelle à « renforcer les actions » en faveur des réfugiés, en leur donnant la « priorité » sur « les préoccupations disproportionnées de sécurité des États ». Il invite notamment au « partage de la charge » d'accueil entre les pays européens.

Mgr Silvano M. Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l'Organisation des Nations Unies à Genève, est intervenu lors de la 60e session du Comité permanent de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), le 1er juillet 2014.

« Aujourd'hui, le monde est confronté au plus grand nombre de personnes – plus de 50 millions – fuyant leur maison, depuis la Seconde Guerre mondiale », rappelle l’archevêque, soulignant les « causes de cette tragédie » : « persécution, violations des droits de l'homme, conflits armés, pauvreté extrême » mais aussi « catastrophes naturelles et projets de développement à grande échelle ».

Le Saint-Siège invite à un autre regard : « les réfugiés et les personnes déplacées sont des sujets de droits et devoirs comme tous les êtres humains, et pas seulement des objets d'assistance ». Ils méritent « une protection », afin de « retrouver un minimum de liberté et de dignité ».

Il invite donc à « renforcer les actions » en leur faveur, en leur donnant la « priorité » sur « les préoccupations disproportionnées de sécurité des États ».

Il donne des pistes d’actions : « l'hospitalité », qui ne doit pas « être limitée à la sphère privée » mais « devenir partie intégrante du monde de la politique » ; le « partage de la charge » entre les pays européens, par « des frontières politiques plus souples et un accès plus facile aux procédures d'asile » ou encore « une répartition des réfugiés » selon des critères tels que « la situation économique du pays, sa taille et sa population, les talents et préférences des personnes concernées ».

Il s’agit aussi de travailler en amont et en aval du phénomène : « sensibiliser l'opinion publique sur la responsabilité commune envers les causes des conflits et la recherche de solutions pacifiques » ; « augmenter les possibilités de réinstallation » des réfugiés dans le pays d’accueil.

Mgr Tomasi met en lumière le rôle des communautés religieuses, qui expriment « un message commun de compassion et de solidarité » et ont « une vision inclusive, cohérente, sur la migration forcée », fondée sur « le plein respect de la vie et de la dignité humaine ».