Réfugiés syriens : que revienne le sourire des enfants

Le card. Sarah soutient une Mission humanitaire au Liban

Rome, (Zenit.org) Cardinal Robert Sarah | 521 clics

« Le cadeau le plus beau que nous puissions faire pour aider les enfants qui souffrent à cause de la guerre syrienne est de leur faire retrouver leur sourire pour qu’ils puissent continuer à vivre, en les accompagnant dans une croissance qui doit être non seulement matérielle mais aussi et surtout spirituelle et humaine », estime le cardinal Sarah.

La Mission sanitaire pour les enfants syriens au Liban, promue par le Conseil pontifical Cor Unum, l’hôpital pédiatrique « Bambino Gesu », propriété du Saint-Siège, et Caritas Liban, a été présentée ce 27 novembre 2013, au Vatican.

Parmi les intervenants : le cardinal Robert Sarah, président de Cor Unum, le prof. Giuseppe Profiti, président de l’hôpital, le P. Simon Faddoul, président de Caritas Liban et Mme May El Hachem, responsable de Dermatologie à l’hôpital.

Le cardinal Sarah a annoncé qu’il ferait un voyage au Liban du 4 au 8 décembre, accompagné du secrétaire de « Cor Unum », Mgr Giampietro Dal Toso, « afin de rencontrer les évêques et les organisations caritatives et de vérifier en même temps le déroulement de la mission sanitaire lancée pour les enfants syriens ».

Plus de 78 millions de dollars ont été alloués par l’Église catholique dans son ensemble, pour la crise syrienne, en particulier dans les secteurs de l’aide sanitaire, de l’éducation, de l’aide aux personnes âgées, de l’alimentation, a aussi indiqué le cardinal.

Allocution du card. Sarah

Chers amis,

Permettez-moi avant tout de remercier les personnes présentes aujourd’hui et, en particulier, celles qui ont partagé avec le Saint-Père, et avec nous, la nécessité de ce projet en faveur des enfants syriens réfugiés au Liban. Je remercie donc, au nom du pape François et du Conseil pontifical « Cor Unum », le professeur Giuseppe Profiti, président de l’hôpital pédiatrique Bambino Gesù, à Rome, la responsable du service de dermatologie de l’hôpital Bambino Gesù, le docteur May El Hachem et Mgr Simon Faddoul, président de Caritas Liban, pour les énergies et le soutien qu’ils ont apportés à la réalisation de la mission sanitaire qui a commencé dans la Vallée de la Bekaa.

Nous sommes particulièrement heureux de pouvoir présenter aujourd’hui à la presse et au public cette mission qui montre le grand engagement et la collaboration étroite que les différentes structures du Saint-Siège ont su développer, réunies dans le partage de la pastorale de la charité et du témoignage de l’Évangile à l’égard de ceux qui sont les derniers. C’est une manifestation extraordinaire de la manière dont l’Église sait agir avec un seul cœur sous le signe de la Croix, dans la volonté de lier toujours plus étroitement la charité à l’évangélisation. Et c’est aussi, par exemple, le témoignage fraternel que Caritas Liban a concrétisé en ouvrant il y a quelques jours un réseau d’aides pour les populations touchées par le typhon aux Philippines.

Pensez qu’avec les fonds alloués pour cette mission importante, nous pourrons être en mesure, dans un premier temps, d’aider entre 3 et 4 mille enfants, grâce à l’achat de médicaments nécessaires en pédiatrie. La fête de Noël approche ; en cette période, malheureusement, le consumérisme occulte souvent le message de l’annonce de la naissance de Jésus : nous croyons que le cadeau le plus beau que nous puissions faire pour aider les enfants qui souffrent à cause de la guerre syrienne est de leur faire retrouver leur sourire pour qu’ils puissent continuer à vivre, en les accompagnant dans une croissance qui doit être non seulement matérielle mais aussi et surtout spirituelle et humaine.

Comme vous le savez, « Cor Unum » est l’instrument du Saint-Père pour la promotion de la charité, là où sévissent des urgences humanitaires, des conflits, des catastrophes naturelles qui touchent l’homme et son intégrité humaine, sociale et culturelle. La guerre qui fait rage en Syrie constitue, de ce point de vue, une tragédie devant laquelle on ne peut rester sans rien faire. Le pape et « Cor Unum » ont suivi dès le début l’évolution de la situation : les nonces apostoliques, les organisations caritatives avec lesquelles nous sommes en contact et les nouvelles constantes qui nous parviennent à travers les organes de presse, nous transmettent un sentiment d’inquiétude pour la population touchée et en particulier pour les enfants, eux qui devraient représenter le futur, la joie et la plénitude de la vie, et qui sont au contraire victimes d’une situation dont ils ne sont pas responsables. D’après les informations en notre possession, ils sont dans leur ensemble plus de 2 millions de réfugiés syriens, la plus grande partie d’entre eux dans les pays de la région du Moyen-Orient et de la Méditerranée, dont plus de 800.000 au Liban, 515.000 en Jordanie, 460.000 en Turquie (source UNHCR). Nous devons constater avec douleur et préoccupation qu’environ 52% d’entre eux sont des enfants et des jeunes de moins de dix-sept ans. Mais on compte aussi 4 millions de personnes déplacées à l’intérieur de la Syrie.

À l’issue de la réunion de coordination pour l’aide en Syrie qui s’est déroulée les 4 et 5 juin au siège du Conseil pontifical « Cor Unum », avec les organisations caritatives directement impliquées sur le terrain, le pape François nous exhortait précisément dans ce sens : « Aider la population syrienne, au-delà des appartenances ethniques ou religieuses, est la façon la plus directe d’offrir une contribution à la pacification et à l’édification d’une société ouverte à toutes ses diverses composantes », disait alors le Saint-Père.

Il y a quelques jours encore, à l’audience du 13 novembre, le pape a mis en garde – je le cite – afin que « ces tragédies ne se produisent plus jamais », nous invitant à la prière et à l’action pour les plus démunis et les plus pauvres. C’est sur ces bases qu’est né le projet de cette mission sanitaire, que nous présentons aujourd’hui et grâce à laquelle le témoignage du Christ et de l’Église ne s’épuisera pas mais se poursuivra dans les mois à venir. Un fruit de notre réunion  de juin dernier a été la création à Beyrouth d’un bureau d’information et de communication sur les activités qui se déroulent actuellement et sur la distribution des aides. C’est un résultat très important, qui permet de réunir toutes les organisations caritatives catholiques dans une région qui a une signification historique et spirituelle importante pour le christianisme. Cette structure continuera d’être centrale, même dans la période, que nous espérons proche, qui suivra la fin du conflit ; elle est le fruit de la collaboration des organismes de charité qui, au nom de la mission de l’Église universelle, ont décidé de mettre en commun leurs compétences et leur action d’évangélisation. Nous sommes donc particulièrement fiers de ce résultat et nous croyons qu’il peut servir de « bonne pratique » dans d’autres situations.

Grâce à ce bureau, nous savons aujourd’hui qu’ont été alloués pour la crise syrienne plus de 78 millions de dollars par l’Église catholique dans son ensemble, en particulier dans les secteurs de l’aide sanitaire, de l’éducation, de l’aide aux personnes âgées, de l’alimentation, et d’autres encore. Ces aides ont été distribuées dans 20 villes syriennes, dont Damas, Alep, Homs, Hama, Hassaké, Idlib, Marmarita, Kameshli, Hauran, Bosra et Lattaquié, mais l’aide humanitaire est arrivée aussi aux réfugiés dans les États voisins : Liban, Jordanie, Turquie, Chypre, Égypte, Irak et Arménie. Plus de 62 institutions agissent aujourd’hui sur le terrain et plus de 42 organisations catholiques ont financés ces efforts. 

Je souhaite saisir cette occasion pour annoncer que dans quelques jours, je ferai moi-même un voyage au Liban avec le secrétaire de « Cor Unum », Mgr Giampietro Dal Toso, du 4 au 8 décembre, afin de rencontrer les évêques et les organisations caritatives et de vérifier en même temps le déroulement de la mission sanitaire lancée pour les enfants syriens. Lors de la veillée de prière pour la paix, le 7 septembre, le pape François a affirmé : « Dans le silence de la Croix, le bruit des armes se tait et seul parle le langage de la réconciliation, du pardon, du dialogue et de la paix ». C’est ce langage que l’Église tout entière veut et doit parler, dans ce cas précis avec les amis de l’hôpital Bambino Gesù et de Caritas Liban, pour les enfants réfugiés syriens, pour eux et pour leurs familles. Mais en général aussi, envers tous ceux qui sont dans le besoin et dans la pauvreté, non seulement matérielle mais aussi spirituelle. Merci.

Traduction de Zenit, Hélène Ginabat