Relations avec les juifs : François sur les pas de Jean XXIII

Décryptage de la fondation Wallenberg

Rome, (Zenit.org) | 694 clics

Sur les pas de Jean XXIII, le pape François « entretiendra un dialogue respectueux et fraternel entre les chrétiens et les juifs », déclare Baruj Tenembaum, fondateur de la Fondation internationale Raoul Wallenberg et du Comité international Angelo Roncalli.

Baruj Tenembaum est intervenu lors d’une conférence internationale en mémoire du pape Jean XXIII, organisée à Jérusalem, par la Konrad Adenauer Stiftung, le « Global Jewisj advocacy » (AJC), Yad Vashem et le Kantor Center, le 29 avril 2013.

Le fondateur de la fondation Wallenberg, juif argentin et ami de Jorge Mario Bergoglio, a introduit une séance de la journée, sur le thème « Roncalli et la création de l’État d’Israël ».

Un grand ami du peuple juif

« Angelo Roncalli était un grand ami du peuple juif et de l’État d’Israël », a-t-il souligné : « pendant la Shoah, il a tout fait pour aider le plus grand nombre possible de juifs européens. Après la guerre, il a joué un rôle considérable en préparant le terrain pour la création de l’État d’Israël et, une fois devenu le pape Jean XXIII, il a grandement contribué au rapprochement entre les catholiques et les juifs. »

« Je crois que Jorge Mario Bergoglio, le pape François, suivra cette voie remarquable ouverte par Angelo Roncalli, le pape Jean XXIII, et qu’il entretiendra un dialogue respectueux et fraternel entre les chrétiens et les juifs », a estimé M. Tenembaum.

Le fondateur de la Fondation s’est dit en effet « très encouragé » par la récente élection du cardinal Jorge Mario Bergoglio-pape François : « Nous le connaissons très bien puisqu’il était parmi les premiers membres de la fondation internationale Raoul Wallenberg », a-t-il expliqué, soulignant qu’ « en tant qu’archevêque de la ville de Buenos Aires », le cardinal avait « aidé à faire vivre l’héritage de Raoul Wallenberg, d’Angelo Roncalli et de ses semblables ».

En outre, le cardinal avait hérité d’un mémorial « singulier » et « unique » : « le seul mémorial juif situé à l’intérieur d’une église catholique »… dans la cathédrale de Buenos Aires : son prédécesseur, le cardinal Antonio Quarracino, en lien avec la fondation, avait fait ériger à l’intérieur de la cathédrale un Mur commémoratif en hommage aux victimes de la Shoah et des deux attentats terroristes perpétrés dans la capitale argentine, dans les années 90, contre l’ambassade d’Israël et contre le Centre de la communauté juive, AMIA.

« Après la mort du cardinal Quarracino, Mgr Bergoglio lui a succédé et a repris à son compte le précieux symbole, en encourageant les juifs à le visiter et surtout, en exécutant le dernier vœu du cardinal Quarracino d’être enterré près de ce mémorial exceptionnel », a rapporté M. Tenembaum.

L’héritage de Jean XXIII

La fondation Wallenberg a « consacré de nombreux efforts à conserver l’héritage du pape Jean XXIII, à travers des campagnes pour donner son nom à des rues ou à des écoles, et en érigeant des monuments ou des bustes », a également rappelé M. Tenembaum, précisant qu’en 2011, « elle a soumis à Yad Vashem le Dossier Roncalli, une masse de preuves documentaires pour que celui-ci soit reconnu « Juste parmi les Nations » ».

Plus récemment, a-t-il poursuivi, « la municipalité de la ville d’Ashdod – la cinquième plus grande ville d’Israël – a accepté de donner le nom d’Angelo Roncalli-pape Jean XXIII à une rue ou une place publique de la ville » : une initiative de la fondation « couronnée de succès », s’est-il réjoui.

En 2006, la fondation Wallenberg a organisé l’exposition « Ein Visum fürs Leben » (Un visa pour la vie), à Berlin, à l’église évangélique Vaterunse. A cette occasion, elle a remis le "prix Angelo Roncalli" à trois personnes, pour leur promotion du dialogue interreligieux en Allemagne.

Enfin, M. Tenenbaum a présenté les trois experts intervenant : M. Yair Tzaban, homme politique israélien, ancien secrétaire du Dr Moshe Sneh, proche d’Angelo Roncalli ; M. Uri Bialer, universitaire israélien, spécialiste des relations entre le Vatican et Israël ; et M. Paolo Zanini, chercheur au département d’études historiques à l’Université d’État de Milan, spécialiste des relations entre le Saint-Siège, du sionisme et de la question de la Palestine sous le Régime Mandataire.

Hélène Ginabat, avec Anne Kurian