Rencontre au Mexique avec Notre Dame de Guanajuato

Histoires de vie et de foi sur le chemin de Benoît XVI

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Paloma Rives

Rome, mercredi 21 mars 2012 (ZENIT.org) – Trois jours seulement nous séparent du voyage pastoral du pape  Benoît XVI au Mexique. Moyens de communication, fidèles catholiques et société civile – disposée à recevoir un message de fraternité et d’espérance – se rencontrent dans l’attente de cette visite, qui coïncide avec le vingtième anniversaire du début des relations diplomatiques entre le Mexique moderne et le Vatican (1992).

En effet, les actions, les efforts et les rappels du Saint-Siège en termes de droits de l’homme, outre la défense de la vie humaine et le refus de la violence et du terrorisme, méritent une attention particulière. Tout ceci est le fruit des relations que le Vatican entretient avec 172 pays, des missions spéciales (avec la Fédération russe, l’Autorité nationale palestinienne et l’Union européenne), ainsi que de son statut d’Observateur permanent à l’ONU et de sa participation en tant que membre d’autres organismes internationaux comme l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et le Conseil de l’Europe.

Des actions du Vatican en direction de l’être humain, des personnes, sans distinction de croyance religieuse. D’où l’attente du message de Benoît XVI.

L’actualité requiert précisément l’union de ceux qui cherchent, au-delà de leurs options spirituelles, un bien supérieur, un bien communautaire qui permette de reconsidérer les besoins de l’être humain au regard des difficultés qu’affronte toute la société. C’est pour cela que le pape Benoît XVI rencontrera le président mexicain Felipe Calderón Hinojosa, dans l’après-midi du samedi 24 mars, dans la Casa del Conde Rul, à Guanajuato.

Cette villa, située sur la place de la Paz, à quelques pas de la basilique Notre-Dame de Guanajuato, a appartenu à don Antonio de Obregón, comte de Valenciana. Elle a été construite avec les richesses obtenues grâce à trente années de travail ininterrompu dans la mine qui a donné son nom au titre nobiliaire (Valenciana). Les bénéfices tirés de la découverte de cette mine furent tels que, d’après les habitants de Guanajuato, Antonio de Obregón fit recouvrir de draps d’argent la route qui allait de son habitation précédente (qui se trouvait près de la mine) jusqu’à l’église de saint Gaétan (500 mètres environ), pour sa fille s’avançant vers l’autel le jour de ses noces.

Le Comte de Valenciana – Diego de Obregón – fit construire justement à ce moment-là la villa en question et l’on dit de lui qu’il était un homme juste et respecté, pour avoir été le premier à contribuer aux intérêts des mineurs. Toutefois, l’écu au dessus de la façade et le nom de la maison viennent de Diego Rul. Après la mort du second comte de Valenciana, jeune et sans descendance, sa sœur ainée, Ignacia,  épousa le colonel Diego Rul qui reçut le titre de comte de Casa Rul en 1804.

C’est ici, des balcons de la villa, œuvre de l’architecte Francisco Eduardo Tresguerras, que Benoît XVI saluera une centaine d’enfants rassemblés sur la place de la Paz, après la rencontre du pape avec le président mexicain.

Il faut se souvenir que, en raison de la proximité des lieux que nous venons de décrire, en empruntant la route qui amène à la maison du comte Rul, le pape passera devant l’entrée principale de la basilique où se trouve la sainte patronne de la ville : ce sera pour lui une rencontre tout à fait spéciale.

Nous voulons parler de cette rencontre entre Marie, Mère du Christ, que l’on invoque sous le vocable de Notre Dame de Guanajuato, et le Successeur de saint Pierre.

L’archiprêtre de la basilique, Mgr Rodríguez Alba, a bien voulu accueillir ZENIT pour une brève conversation dans son bureau. On perçoit une certaine effervescence autour de la visite imminente de Benoît XVI : réunions, personnes au travail devant leur bureau, mais surtout une atmosphère agréable, souriante et paisible. Mgr Rodríguez Alba raconte : « On portera la statue à la porte de l’église pour que le pape la bénisse et que la Vierge bénisse à son tour le pape ».

« Tous les ans, le 9 août, explique Mgr Rodríguez,  le groupe de la Fraternité des porteurs fait descendre la statue de la Vierge de Guanajuato. La statue est ensuite exposée pendant un certain temps devant chacune des trois portes de la basilique pour que les visiteurs puissent recevoir sa bénédiction et le lendemain, les fidèles peuvent passer sous son manteau, près de l’autel ».

« C’est une occasion particulière, continue l’archiprêtre. Lorsque nous voyons ou écoutons un fils qui cherche sa mère, cela nous remplit immédiatement de tendresse, mais quand c’est une mère qui cherche son fils, nous savons qu’il y a, au-delà de la tendresse, une espérance. La Vierge viendra à la rencontre du pape sur le trajet qui mène à la maison du comte Rul. Prions notre sainte patronne de continuer de l’aider dans sa mission difficile de vicaire du Christ ».

Leonardo Ávila Luna est le « gardien principal » de la Fraternité des porteurs de Notre Dame de Guanajuato ; membre depuis quarante ans de la Fraternité de ceux qui ont l’honneur de porter la statue dans les grandes occasions, il avoue volontiers : « C’est difficile de décrire l’émotion que l’on ressent en portant notre Vierge, on en a des frissons ».

Cette exposition de la Vierge à la porte d’entrée de la basilique, à l’occasion de la venue du pape, revêtira une signification toute particulière « Ce ne sont pas des temps faciles pour le pape. De même que Marie est toujours restée aux côtés du Christ sur la via crucis, ainsi Notre Dame de Guanajuato ira à la rencontre de son fils, Benoît XVI ».

Traduction d’Hélène Ginabat