Rencontre des évêques d’Afrique avec les Focolari

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ROME, Mardi 20 Octobre 2009 (ZENIT.org) - Fontem, une région perdue de la forêt équatoriale du Cameroun occidental anglophone, terre du peuple Bangwa, est devenue « terre de paix ».

« Préfets et magistrats notent une diminution des procès au tribunal. Les divorces diminuent. Il y a plus de dialogue dans les familles ». C'est le témoignage d'une femme bangwa, Mary Ategwa, qui s'est exprimée le 18 octobre à Rome lors de la rencontre promue par le Mouvement des Focolari pour approfondir, avec certains participants au Synode, les défis au centre des travaux de l'assemblée.

De l'évangélisation à la réconciliation

Mary Ategwa a raconté que « les femmes qui vendent au marché se refusent à tromper les clients » et que « beaucoup se sentent poussés à faire le premier pas vers la réconciliation et l'amour fraternel ».

« Ce sont les fruits de la nouvelle évangélisation dont les premiers protagonistes sont les rois, dit Fon, et les chefs de village », a-t-elle ajouté. « C'est une vague de vie nouvelle qui naît d'un solennel pacte d'amour réciproque, lancé par Chiara Lubich en 2000 à Fontem avec deux chefs de tribus ».

« Un pacte auquel avaient adhéré les milliers de personnes présentes sur la grande esplanade devant le palais royal », a continué Ategwa. « En 9 ans, cette vie de l'Evangile a rejoint différentes tribus du sud-ouest au nord-ouest du pays ».

A tel point, a souligné Maria Voce, présidente des Focolari, que le Fon de Fontem, Lucas Njufua, la plus haute autorité civile du peuple Bangwa, a exprimé publiquement la gratitude de son peuple, autrefois menacé d'extinction, « non seulement pour l'hôpital, les écoles et de nombreuses œuvres portées, en un peu plus de 40 ans, par le Mouvement et le peuple, mais surtout pour ce courant d'amour et d'unité qui change les gens ».

Lutte contre la corruption

Patience Mollé Lobé, la première femme camerounaise ingénieur du génie civil à entrer dans un ministère des travaux publics, a parlé des nombreuses difficultés rencontrées dans la lutte contre la corruption, mais aussi de l'engagement de ne pas céder aux pressions.

« Les entreprises qui étaient convaincues de devoir payer quelqu'un pour mener leurs pratiques, savent maintenant qu'on travaille sans corruption dans certaines parties du Cameroun », a-t-elle affirmé.

« Nous nous encourageons avec d'autres amis qui partagent cette spiritualité et qui travaillent dans l'administration ou dans la politique. Nous croyons fortement que notre pays n'ira de l'avant qu'avec un changement de mentalité. L'expérience nous convainc que la Parole de Dieu a une puissance extraordinaire dans l'environnement où nous nous trouvons ».

Formation spirituelle des prêtres

A la demande des évêques du Kenya, un centre de spiritualité est né en 2001 dans la citadelle des Focolari près de Nairobi, ouvert aux prêtres et aux séminaristes de toute l'Afrique. Les mots d'ordre sont étude et réflexion, mais avant tout l'Evangile vécu dans le travail manuel, dans les contacts personnels, dans la communion des expériences.

En 8 ans, de nombreux prêtres sont passés : ils y ont trouvé une lumière pour leurs relations avec les évêques, avec les prêtres, les laïcs, en affrontant les questions affectives, de l'activisme, de la gestion des biens ecclésiastiques.

Les différentes dimensions de la vie transformées en amour sont ainsi devenues des expériences de Dieu, de joie et d'une réalisation pleine et profonde.