Rep. centrafricaine : protéger la population est « prioritaire »

Mgr Dieudonné Nzapalainga plaide pour la sécurité des chrétiens

Rome, (Zenit.org) | 886 clics

Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui en République centrafricaine, demande à la direction de la Seleka que la protection de la population et de ses biens soit « prioritaire », rapporte l’agence vaticane Fides.

L’archevêque de la capitale s’inquiète plus particulièrement de la sécurité des croyants, afin que la crise politique ne devienne pas religieuse : « Il faut que les prêtres, les pasteurs et les imams soient protégés... Les hommes de Dieu doivent être protégés ».

Les hommes de la coalition Seleka ont en effet pris la capitale depuis dimanche dernier 24 mars. Michel Djotodia, responsable de Seleka, a annoncé la suspension de la Constitution, la dissolution de l’Assemblée nationale et du gouvernement et la proclamation d’un couvre-feu à Bangui de 19h00 à 06h00. La ville est encore en proie aux saccages de la part de bandes criminelles, précise la même source.

Formulant « une pensée pour tous ceux et toutes celles qui viennent de perdre la vie », Mgr Nzapalainga demande à la direction de la Seleka que la protection de la population et de ses biens soit « prioritaire ».

« Il faut mettre fin aux pillages et que les responsables de la Seleka prennent leurs responsabilités par rapport à tous les dégâts collatéraux » ajoute-t-il.

De même, il appelle à la sécurité des responsables religieux : « Il faut que les prêtres, les pasteurs et les imams soient protégés. Je parle pour tout le monde. Les hommes de Dieu doivent être protégés. Cette crise est politique ; il ne faut pas la laisser dévier pour qu’elle prenne un itinéraire religieux »

Préoccupé par la « tension religieuse », il dénonce des actes commis contre les chrétiens : « Dimanche (24 mars), devant la cathédrale, des hommes et des femmes qui étaient venus prier se sont fait piller en sortant de l’église par des gens qui voulaient prendre également leurs véhicules, par la force ».

« C’est à ceux qui ont maintenant en charge la responsabilité de pouvoir le faire, de réagir vite et vérifier qui sont les auteurs de tels actes », estime Mgr Nzapalainga : « Il est temps de mettre rapidement fin à des actes injustes qui pourraient entraîner, dans la tête des gens, des sentiments antireligieux ou qui pourraient leur faire penser que cette crise ou encore ces événements visent les chrétiens en étant contre eux ».

Le 14 février dernier, les évêques du pays avaient lancé un appel au gouvernement et à la communauté internationale : « Le peuple centrafricain a le droit de vivre en paix dans son pays ».

 « Brisons les liens de la mort et sauvons le Peuple Centrafricain de l'asphyxie. Libérez rapidement et sans délai ce peuple qui ne veut que la paix pour vaquer à ses occupations », écrivaient les évêques, qui demandaient que « les responsables des différentes factions rebelles qui sont dans les zones occupées mettent immédiatement fin aux vols et viols, aux actes de vandalisme, aux tueries et aux exactions sur le peuple centrafricain, les religieux et surtout sur les bâtiments et les édifices publics et religieux » (cf. Zenit du 19 février 2013).