Rien ne surpasse l'amour de Dieu

Messe pour les cardinaux et évêques défunts, homélie du pape

Rome, (Zenit.org) Pape François | 1070 clics

« Les puissances démoniaques, hostiles à l’homme, s’arrêtent, impuissantes, devant l’union d’amour intime entre Jésus et celui qui l’accueille avec foi », déclare le pape François, pour qui « cette réalité de l’amour fidèle de Dieu aide à affronter avec sérénité et force le chemin de chaque jour ».

Le François a célébré la messe en mémoire des cardinaux et évêques décédés lors de l'année passée, en la basilique Saint-Pierre, ce lundi 4 novembre 2013 au matin.

Confiant les évêques et cardinaux défunts « à la miséricorde du Seigneur », il a appelé les croyants à se préparer à rencontrer Dieu à la mort : « Nous ne savons pas la date, mais la rencontre aura lieu ».

Homélie du pape François

Dans le climat spirituel du mois de novembre, marqué par le souvenir des fidèles défunts, nous faisons mémoire de nos frères cardinaux et évêques du monde entier qui sont retournés vers le Père au cours de l’année passée. En offrant pour chacun d’eux cette Eucharistie, demandons au Seigneur de leur accorder la récompense céleste promise aux serviteurs bons et fidèles.

Nous avons écouté les paroles de saint Paul : « Oui, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8,38-39).

L’apôtre présente l’amour de Dieu comme le motif le plus profond, invincible, de la confiance et de l’espérance chrétiennes. Il énumère les forces contraires et mystérieuses qui peuvent menacer le chemin de la foi. Mais il affirme aussitôt avec assurance que même si toute notre existence est entourée de menaces, rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour que le Christ lui-même a mérité pour nous, en se donnant totalement. Même les puissances démoniaques, hostiles à l’homme, s’arrêtent, impuissantes, devant l’union d’amour intime entre Jésus et celui qui l’accueille avec foi. Cette réalité de l’amour fidèle, que Dieu a pour chacun de nous, nous aide à affronter avec sérénité et force notre chemin de chaque jour, qui est parfois rapide, et parfois au contraire lent et fatigant.

Seul le péché de l’homme peut interrompre ce lien ; mais dans ce cas aussi, Dieu cherchera toujours celui-ci, le recherchera pour établir avec lui une union qui subsiste jusqu’après la mort, une union qui atteint même son sommet dans la rencontre finale avec le Père. Cette certitude confère un sens nouveau et plénier à la vie terrestre et nous ouvre à l’espérance de la vie au-delà de la mort.

En fait, chaque fois que nous nous trouvons face à la mort d’une personne qui nous est chère et que nous avons bien connue, une question surgit en nous : « Qu’en sera-t-il de sa vie, de son travail, de son service dans l’Église ? ». Le Livre de la Sagesse nous a donné la réponse : ils sont dans la main de Dieu ! La main est le signe de l’accueil et de la protection, c’est le signe d’une relation personnelle de respect et de fidélité : donner la main, serrer la main. Voilà que ces pasteurs zélés qui ont consacré leur vie au service de Dieu et de leurs frères, sont dans la main de Dieu. Tout ce qui leur appartient est bien gardé et ne sera pas érodé par la mort. Tous les jours de leur vie, tissés de joies et de souffrances, d’espérances et de fatigues, de fidélité à l’Évangile et de passion pour le salut spirituel et matériel du troupeau qui leur a été confié, tout cela est dans les mains de Dieu.

Les péchés aussi, nos péchés sont dans les mains de Dieu ; ces mains sont miséricordieuses, des mains « marquées par des plaies » d’amour. Ce n’est pas le hasard si Jésus a voulu conserver les plaies de ses mains pour nous faire sentir sa miséricorde qui est notre force, notre espérance.

Cette réalité, pleine d’espérance, est la perspective de la résurrection finale, de la vie éternelle, à laquelle sont destinés « les justes », ceux qui accueillent la Parole de Dieu et qui sont dociles à son Esprit.

C’est ainsi que nous voulons faire mémoire de nos frères cardinaux et évêques défunts : des hommes qui se sont consacrés à leur vocation et au service de l’Église, qu’ils ont aimée comme on aime une épouse. Confions-les, dans la prière, à la miséricorde du Seigneur, par l’intercession de la Vierge Marie et de saint Joseph, pour qu’il les accueille dans son royaume de lumière et de paix, là où vivent éternellement les justes et ceux qui ont été des témoins fidèles de l’Évangile. Dans cette prière, prions aussi pour nous-mêmes, afin que le Seigneur nous prépare à cette rencontre. Nous ne savons pas la date, mais la rencontre aura lieu.

Traduction d'Hélène Ginabat