Russie: Mgr Kondrusiewicz demande le respect de la liberté religieuse

Il dénonce une "vaste campagne anti-catholique"

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CITE DU VATICAN, Vendredi 13 septembre 2002 (ZENIT.org) - Mgr Tadeusz Kondrusiewicz, président de la conférence épiscopale catholique russe, réclame le respect de la liberté religieuse en Russie, au lendemain des nouvelles expulsions de prêtres catholiques. Il dénonce une "vaste campagne anti-catholique" qui ramène aux temps de l'ancien régime communiste.



"Faites tout ce qui est en votre pouvoir pour arrêter la violation des libertés religieuses et des droits de la personne!": c'est le pressant appel lancé aux "défenseurs des droits humains" et aux "hommes de bonne volonté" par Mgr Kondrusiewicz, à la suite de "l'expulsion systématique" de prêtres étrangers du territoire de la Fédération russe mise en œuvre par les autorités ces derniers jours.

"Les principales victimes des expulsions, souligne l'archevêque, ce ne sont pas les prêtres et l'évêque qui ont été chassés, mais leur troupeau, formé de citoyens russes, auxquels la constitution garantit le droit à la confession religieuse tout comme les disciples des autres religions".

"En Russie, l'Eglise catholique, rappelait Mgr Kondrusiewicz, est une Eglise de Russes, qui collaborent à la construction d'un Etat démocratique de droit".

Ainsi, "le refus sans motif de laisser entrer" des prêtres étrangers, vient faire "douter de la liberté de confession religieuse garantie par la constitution et l'égalité de toutes les religions devant la loi".

C'est pourquoi l'archevêque lance cet appel: "Ne permettez pas que dans ce pays où l'on a vécu le Golgotha du XXe siècle soit à nouveau supprimée la liberté de conscience!"

Il met en garde sur les conséquences de cette politique: "Aujourd'hui, ce sont les droits des catholiques qui sont foulés aux pieds, demain, n'importe qui pourrait aussi devenir une victime".

Mais les autorités de l'Etat, déplore-t-il, n'ont fourni "aucune réponse claire" à toutes les demandes d'explication.

Mgr Kondrusiewicz, dénonce ainsi ouvertement "une campagne anti-catholique tous azimut: manifestations, interdictions de construire des églises, actes de vandalisme et profanation d'édifices cultuels".

Il déplore en outre la diffusion d'une image du Catholique comme d'un "ennemi" et l'expulsion des prêtres étrangers "avec force vulgarités et offenses et sans aucune explication".

Dans cette "dure réalité", l'archevêque ramène "en arrière, au temps du précédent régime, lorsque les Catholiques russes étaient restés sans pasteurs et sans une normale assistance spirituelle". En quatre-vingt ans de persécutions, "tous les séminaires ont été fermés" rappelle l'archevêque.