S. Antoine du Désert fêté au Vatican par les éleveurs italiens

La Nouvelle évangélisation et la gratitude envers le Créateur

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ROME, lundi 16 janvier 2012 (ZENIT.org) – Les animaux s’invitent au Vatican à l’occasion de la fête de saint Antoine du désert (251-356), demain, 17 janvier : la Nouvelle évangélisation passe aussi par la gratitude envers le Créateur pour sa générosité dans toutes les bestioles dont parle la Genèse.

En effet, comme chaque année, l'Association italienne des éleveurs (Associazione italiana allevatori, AIA) proposera devant la Place Saint-Pierre – Piazza Pio XII - sa traditionnelle
exposition d'animaux de ferme.

Les éleveurs et leurs familles participeront à une messe votive en la basilique vaticane, puis un défilé à cheval remontera la Via della Conciliazione.

C’est le cardinal Angelo Comastri, archiprêtre de la basilique vaticane et vicaire du pape pour la Cité du Vatican, qui bénira ensuite participants et visiteurs.

Le site Internet de l’AIA rappelle les principales étapes de la vie du saint du désert de la Thébaïde d’Egypte, et cite sa vie romancée par Gustave Flaubert (1874).

« Bien qu'il n'ait pas laissé de règle écrite, Antoine fut vraiment l'initiateur du monachisme, souligne le site « Missel.free.fr ». Antoine voulut que sa tombe fût secrète pour que l'on n’honorât pas ses reliques, mais son corps fut retrouvé et transféré à Alexandrie, puis à Constantinople (vers 633) où une église fut bâtie sous son vocable. » Selon une légende la tombe du saint aurait été indiquée par des léopards.

Et parce qu’il a été un grand thaumaturge avant et après sa mort – notamment pour la guérison du « feu de saint Antoine », il a été un saint très populaire et on lui a confié la protection des personnes et des troupeaux contre les maladies.

A Rome, en la paroisse de Sant’Eusebio, près de Sainte-Marie-Majeure, les animaux sont acceptés à la messe ce jour-là - et le dimanche suivant tout le monde ne pouvant participer à une messe en semaine -: chiens, chats, lapins, oiseaux – perroquets -, et même poissons rouges. Une belle chorale, une liturgie soignée, une homélie suggestive accompagnent la célébration à laquelle participent des personnes qui parfois ne viendront qu’à cette messe-là pendant l’année, comme si ces petites créatures restaient le dernier lien visible entre eux et le Créateur.

A la fin de la célébration, sur le parvis de l’église, sous la bannière de saint Antoine, le diacre passe au milieu de la foule et bénit chaque animal avec de l’eau bénite : une façon de remercier le Créateur pour la beauté et la bonté de sa création. Ici, pas de danger d’idolâtrer ces compagnons donnés par la générosité du Créateur : chacun est à sa place.

Un parchemin au nom de l’animal est ensuite remis à chacun des participants en souvenir de cette bénédiction. Sous l’effigie de saint Antoine, on y lit deux citations bibliques: « Vous tous, fauves et troupeaux, bénissez le Seigneur : A lui, haute gloire, louange éternelle ! Et vous, les enfants des hommes, bénissez le Seigneur : A lui, haute gloire, louange éternelle ! » (Daniel 3, 81).

Et cette citation d’Evangile : « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas plus qu'eux ? » (Matthieu 6, 26)

On a déjà vu là les chevaux des Carabiniers ou de la Garde de finance, et les chiens de la Protection civile. Parfois aussi, la fête se prolonge par une procession jusqu’au parc voisin, suivie d’un concours festif et populaire des animaux les plus sympathiques, comme ce couple d’Inséparables nommés « Point » et « Virgule », vainqueurs en 2010.

Et pour les retardataires ? Le curé ne refuse pas une bénédiction – dans la sacristie – au maître qui a manqué la messe : bénédiction pour lui et les siens avant même que pour son compagnon à quatre pattes. Et si la Nouvelle évangélisation passait aussi par ces gestes séculaires de la bénédiction des hommes et des bêtes, de tous les dons du Créateur ?

Anita Bourdin