S. François d'Assise et le « Récit du Pèlerin » de S. Ignace

Quand Ignace s'inspire de la vie des saints

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 1546 clics

Le pape François, jésuite, fils de saint Ignace, a choisi saint François d’Assise, saint patron d’Italie, comme patron de son pontificat... Une tradition qui remonte à Ignace lui-même!

Il ajoute ainsi une nouveauté à deux autres : premier pape d’Amérique et d’Amérique latine, premier pape jésuite et premier pape à prendre le nom du Poverello, tout en transmettant la tradition spirituelle d’Ignace de Loyola.

Saint François, l’Italien, a vécu à la charnière des XIIe et XIIIe  siècles (1181/1182 –1226), et saint Ignace de Loyola, l’Espagnol, plus de trois siècles plus tard (1490-1556).

Ignace évoque François dans son autobiographie « Le Récit du pèlerin » :  il y relate son itinéraire spirituel à partir de sa blessure à la jambe, brisée par un boulet de canon des troupes françaises de François Ier à Pamplune, le lundi de Pentecôte (20 mai) 1521.

Convalescent, il lit la « Vie du Christ » de Ludolphe le Chartreux et les vies de saints de la « Légende dorée » de Jacques de Voragine.

Il commença alors à observer l’effet de ces lectures par comparaison avec l’effet des romans de chevalerie, et ainsi discerner les « esprits » qui l’agitaient.

Parmi les saints dont la vie le frappe, il cite son compatriote, saint Dominique, et saint François d’Assise.

Le pape François met donc ses pas dans ceux de saint Ignace lorsqu’il choisit saint François d’Assise, comme guide pour la service des pauvres et le service de la paix.

Dans le chapitre intitulé « Les deux esprits », saint Ignace écrit en effet : « En lisant la vie de Notre Seigneur et des saints, il se prenait à penser et à se dire en lui-même : « Et si je faisais ce que faisait saint François et ce que fit saint Dominique ? » Il songeait aussi bien à des choses qui lui paraissaient bonnes et il envisageait toujours des entreprises difficiles et pénibles. A se les proposer, il avait le sentiment qu’il lui serait facile de les réaliser. Toutes ces réflexions revenaient à se dire : « Saint Dominique a fait ceci, donc je dois le faire ; saint François a fait cela, donc je dois le faire ». »

Plus loin, il écrit : « Son expérience l’amena à voir que certaines pensées le laissaient triste, d’autres joyeux, et peu à peu il s’en vint à se rendre compte de la diversité des esprits dont il était agité, l’esprit du démon et l’esprit de Dieu ».

Il y avait un écho d’un tel discernement des esprits – l’esprit du diable et l’Esprit Saint - dans ce que le pape François disait dans son premier discours, le discours au collège cardinalice, vendredi, 15 mars : « Ne cédons jamais au pessimisme, à cette amertume que le diable nous offre tous les jours ; ne cédons pas au pessimisme et au découragement : nous avons la ferme certitude que l’Esprit-Saint donne à l’Église, par son souffle puissant, le courage de persévérer et aussi de chercher de nouvelles méthodes d’évangélisation, pour porter l’évangile jusqu’aux extrémités de la terre. »

Et la veille aussi, jeudi, 14 mars, lors de la messe avec les cardinaux électeurs, en la chapelle Sixtine, le pape invitait à ce discernement : « Quand on ne confesse pas Jésus Christ, on confesse la mondanité du diable, la mondanité du démon » : une citation de Léon Bloy, comme le pape l’a dit explicitement.

Un autre trait de la spiritualité des Exercices spirituels est apparu dans son homélie de ce dimanche. Avant de commenter l’Evangile, le pape a planté la scène évangélique, aidant les fidèles à imaginer la scène : « C’est beau : d’abord, Jésus seul sur le mont, priant. Il priait seul (cf. Jn 8,1). Puis, il s’est rendu de nouveau au Temple, et tout le peuple venait à lui (cf. v. 2). Jésus au milieu du peuple. Et puis, à la fin, ils le laissèrent seul avec la femme (cf. v. 9). Quelle sollicitude de Jésus ! Mais une sollicitude féconde : celle de la prière avec le Père et celle, si belle, qui est justement le message de l’Eglise aujourd’hui, celle de sa miséricorde envers cette femme. »

Enfin, un autre point commun entre Ignace et François : le désir d’Ignace d’aller à Jérusalem. La première invitation au voyage est venu au pape François du président Shimon Peres. Seul le pape décidera s’il répondra à cette invitation à aller à Jérusalem et quand !